Édito : Éternel grenat

En sanctionnant durement Bordeaux à la suite du litige ayant émaillé l’ultime rencontre de championnat face à Rodez, la Commission de discipline de la LFP a rendu au FC Metz ce qui lui appartenait : sa place en première division.
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Comment pouvait-il en être autrement, après tout ? Une dizaine de jours après avoir validé sa deuxième place sur le terrain, le club de l’éternel Carlo Molinari s’est finalement vu confirmer sur le gong le privilège immense de pouvoir regoûter à l’Elite du football français, un an seulement après l’avoir quittée par la petite porte… 

Pour autant, le FC Metz n’a bénéficié d’aucun état de grâce au cours de cet hostile périple. Il a fallu en effet que l’organe disciplinaire de la Ligue statue en la défaveur des Girondins de Bordeaux, eux qui sont décidément passés à côté de leur sujet sur et en dehors du rectangle vert lors d’une 38eme journée de L2 renversante, au suspense invraisemblable. Et le couperet, une fois tombé, de propulser directement les guerriers grenats dans un blanc paradis, celui dont ils rêvaient secrètement depuis des mois.

C’est d’autant plus satisfaisant lorsque la tâche est aussi ingrate et que la victoire vient de si loin, de minutes incertaines et fragiles, et de ressources puisées jusqu’au fin fond des entrailles. C’est sans doute ainsi que se construisent les plus vaillantes équipes, un petit pas après l’autre, dans un élan de générosité collective, le temps d’une saison sportive qui s’écoule si lentement. Ne nous y méprenons pas sur la portée ni sur la valeur d’une victoire finale mosellane acquise au bout du bout de l’angoisse. 

Parfois, le résultat ne tient qu’à un fil, l’histoire n’en est alors que plus émouvante. Surtout lorsqu’elle nous semble écrite bien à l’avance. Après 2003, 2007, 2014, 2016 et 2019, les Grenats sont revenus d’entre-les-morts une sixième fois en ce millésime 2023. Pourtant, peu, voire aucun des scénarii ne pouvait laisser présager telle issue pour les joueurs à la tunique grenat dans cette saison de lutte interminable, voyant le chaos se propager jusqu’à la dernière seconde du dernier match.

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Relégués à 8 points de la deuxième place à la trêve d’avant Mondial qatari, si Matthieu Udol et ses partenaires ont pu réaliser cet exploit majuscule, au gré d’une deuxième partie de saison durant laquelle ils sont demeurés invaincus (25 matchs de rang), ils le doivent d’abord et surtout à leur architecte tactique et DRH en la personne de László Bölöni. Non content d’avoir su rebâtir autour d’un effectif en jachère, le coach roumain a surtout excellé et surpris son monde dans sa gestion des troupes au quotidien. 

Et pourtant, il partait de si loin…Mieux encore, il a révélé aux yeux de l’Europe le talent immense d’un jeune attaquant géorgien sans référence au préalable. Irrésistible cette saison, Georges Mikautadze ne sera peut-être plus du navire, une fois le FC Metz arrivé à bon port sur les côtes de la L1, mais cette empreinte, éphémère certes, qu’il a laissée dans le coeur des supporters mosellans restera à jamais gravée dans la mémoire. Celle d’un club qui peut de nouveau exulter après avoir réussi le pari insensé d’une nouvelle remontée directe en L1. Comme un éternel recommencement…

M.D

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Crédit photos: Icon Sport