Interview : Francis de Taddeo : « Metz n’a jamais eu la capacité de garder ses joueurs, il faut l’accepter »

Un an après son retour à la tête du centre de formation, Francis De Taddeo nous a accordé un entretien pour dresser un premier bilan. De la réserve à la préformation en passant par les choix dans les effectifs et les staffs, découvrez le premier volet de cette interview.

T.M. : La saison est quasiment terminée à tous les niveaux, les entretiens individuels en cours, avec 4 nouveaux contrats professionnels signés, mais une fin de saison manquée en Réserve et en U19. Dressez-vous tout de même un bilan positif de cette saison ?

F.D.T. : Oui, parce que lorsque l’on est arrivé avec Pierre Dréossi, on était assez inquiet par la quantité de joueurs. C’était un vrai problème qui a été progressivement réglé mais il fallu que Pierre travaille rapidement sur le sujet pour pouvoir faire descendre le total de joueurs professionnels sous contrat.

Pierre a été très efficace et cela nous a amené jusqu’au mois de septembre vers une situation qui était enfin lisible. Il fallait convaincre que le projet club et le projet de l’équipe professionnelle était encore concurrentiel.

De notre côté, par effet collatéral, tous ces atermoiements et ces inquiétudes nous ont impactés parce qu’il fallait que l’on rebâtisse notre saison. 

En plus, nous avons eu un départ avec Stéphane Saillant, qui nous avait donné son accord mais qui est finalement parti. Il a donc fallu recruter un entraîneur pour les 19 ans, faire la première année de Sylvain Marchal en tant que responsable de réserve professionnelle alors que jusque-là il avait été adjoint: il y avait plein d’incertitudes et on ne savait pas trop ce qui allait nous attendre.

On souhaitait également changer un certain nombre de choses dans la méthodologie d’entraînement, ce qui a été fait. Pour être très clair, on pensait qu’on commencerait seulement à être efficace au mois de janvier.

Finalement, c’est l’inverse qui s’est passé. On a trouvé les bons réglages avec nos équipes ce qui nous a permis de prendre des points avec la Réserve et de voir les 19 et les 17 en tête. On jouait plutôt bien, on produisait un bon football et on était efficace.

Ensuite, entre septembre et novembre, Laszlo et Pierre ayant pu réduire la voilure au niveau de l’effectif professionnel, ont pu faire venir des jeunes joueurs avec l’équipe première dont certains qui s’y sont implantés.

A partir de là, par effet collatéral on ne les a moins eu en compétition ce qui a déséquilibré nos équipes. La réussite que l’on avait bâtie avec nos équipes et nos coachs en août, septembre, octobre, novembre tenait sur ces joueurs majeurs qui structuraient les équipes.

Les voir partis vers l’effectif professionnel nous a fait perdre cet équilibre à commencer par la Réserve, mais aussi par les 19 ans et les 17 ans dont les meilleurs éléments ont été surclassés.

Si on avait pu être champion de France, on ne se serait pas privé. Mais il faut accepter qu’on soit rentré dans le rang pour les raisons que j’ai évoquées parce qu’il faut reconnaître qu’on n’a pas l’effectif aujourd’hui que présentent des clubs comme Auxerre, Lyon ou Rennes qui ont à la fois de la quantité et de la quantité.

Nous, on a une certaine qualité mais on manque encore de quantité dans la qualité: ça va être un sujet dans les saisons à venir. Il va falloir que l’on renforce la qualité de nos joueurs, et aussi au lieu d’avoir 2 ou 3 joueurs qui sortent de la moyenne par catégorie d’âge, essayer d’en avoir plutôt 6 à 8 joueurs de bonne voire de très bonne qualité pour pouvoir les surclasser sans pour autant que nos équipes perdent de leur rendement.

 

T.M. : L’élimination des U19 en Gambardella a marqué un véritable tournant dans la saison du groupe. Qu’est-ce qui manque au FC Metz pour enfin retrouver le titre ?

F.D.T. : La Gambardella nous a laissés des regrets. Quand on regarde le déroulé du match, on a une défense où Morgan Hiessler revient après 8 mois d’arrêt et il n’a pas été le Morgan des années précédentes et ne fait pas un grand match donc notre défense n’a pas été aussi solide qu’elle aurait pu l’être.

Et surtout, dans ce match on n’a pas nos quatre premiers attaquants. On débute avec (Joseph) Mangondo qu’on voit apparaître maintenant au niveau de la Réserve, mais qui au moment du match revient aussi de 6 mois de blessure, c’est un garçon qui vient d’arriver au club, on l’a recruté au mois d’août, il arrive en ayant vécu avec des blessures et des déficits qu’il a fallu travailler. Donc quand on le fait jouer en leader d’attaque contre Lyon, c’est quasiment notre cinquième attaquant dans l’effectif puisque Montout est blessé, Machine aussi, et Kalambayi ne joue pas.

Il n’a pas fait un mauvais match et a même marqué un but, mais on s’est bien rendu compte dans ce match-là qu’avec un ou deux attaquants plus expérimentés que lui, on aurait probablement sur cette première mi-temps pu égaliser voire passer devant.

Au final, on perd le match alors qu’on a le sentiment d’avoir fait une grosse production de jeu.

On ne va pas refaire le match, on l’a perdu, mais pour une rencontre entre une équipe comme Lyon qui compte beaucoup d’internationaux, et la nôtre qui n’en compte pas, on ne sent pas vraiment l’écart. Cela doit nous encourager. Hier, j’étais à Auxerre avec nos 19 ans, on a perdu avec une équipe allégée en comparaison de l’aller où on avait gagné avec notre équipe complète. On jouait plutôt avec l’équipe de l’année prochaine, et à la fin l’entraîneur auxerrois nous dit: «Franchement, vous avez des sacrés joueurs et ils peuvent être fiers de leur match».

Je crois pas qu’il faille s’inquiéter ou désespérer. Le travail est en train de produire ses effets. Peut-être que l’on n’est pas encore capable de gagner une Gambardella ou gagner un titre de champion de France la saison prochaine ou celle d’après, mais si on poursuit nos efforts dans la direction que nous avons prise, je dirais que l’on pourrait revoir Metz dans les carrés finaux.

Et quand on arrive dans les carrés finaux, parfois on est en finale et forcément parfois on finit par gagner.

On a gagné la Gambardella en 2001, on a attendu 9 ans pour la gagner à nouveau en 2010. Metz ne peut pas être en finale tous les ans parce que l’on n’a pas le budget pour avoir 4 ou 5 joueurs de haut ranking, de type international par année d’âge. On n’est pas Monaco, on n’est pas Rennes qui sont des budgets deux fois, deux fois et demi supérieurs au nôtre en termes de formation. Mais avec le travail, le savoir-faire, on est capable de venir tous les 2-3 ans jouer une finale, voire même la gagner, et je pense qu’on va le démontrer dans les années qui viennent.

M.M. : Surtout que vous avez la recette, vous l’avez déjà remportée…

F.D.T. : Je prends l’exemple de mon passage à Auxerre, où on me demandait de faire descendre le budget, de ramener des joueurs, et de gagner des titres pour faire plaisir à Guy Roux…. On n’a pas gagné de titre pendant mon passage, mais on a sorti des joueurs: Ntep, Boly, Monconduit, Sanogo, Haller. On a révélé énormément de talents en 3 ans. Quand je pars, l’année suivante ils sont champion de France des 19 ans et la Réserve qui était descendue remonte en N2. Les titres valident un travail, mais il ne faut pas oublier que le plus important c’est de sortir des joueurs professionnels.

Si on regarde Montpellier, quand je suis arrivé ils étaient champions de France contre Caen, où j’étais à ce moment, et pour autant ils changent le Directeur du centre parce qu’ils ne sortent pas de joueurs. Aujourd’hui à Montpellier il y a Wahi, Fayad, Guégen, Chotard: ils sont passés d’une des plus vieilles équipes de Ligue 1 à l’une des plus jeunes, avec un potentiel de transfert qui est de 60 à 80 millions d’euros. Alors que là aussi, c’est un centre de formation qui n’a pas vocation à être dans le top 5 parce que le budget à Montpellier est globalement celui de Metz.

Aujourd’hui, si on arrive à accrocher des phases finales, et je pense qu’on va le faire, ce sera bien. Mais l’important c’est que les joueurs qui ont signé professionnel s’implantent dans le groupe pro et y jouent sans forcément passer par la case Seraing, même si le fait de passer par Seraing peut-être un très bon apprentissage pour certains.

M.M. : Côté U17, quel bilan tirez-vous de la première saison de Laurent Agouazi à ce poste ?

F.D.T. : Avec Laurent on se connaît depuis très longtemps puisque je l’avais recruté quand il avait 15 ans, tout comme Sylvain (Marchal). Je savais qu’il était exigeant, peut-être même à l’extrême, et qu’il allait recadrer les choses.

Pour moi, l’année la plus importante en centre de formation c’est l’année de l’arrivée en 16 ans. Si le travail est bien fait là, normalement vous pouvez enchaîner les autres étapes de la pyramide ensuite. Si c’est mal fait, si les fondations sont mal faites, après il faut galérer. Donc il a dû reprendre tout un travail de fond d’autant plus que l’on sentait que sur ces générations 2006-2007 il y avait un retard dans le développement, qu’il soit moteur, tactique, technique et surtout mental.

Il a repris ça avec Mehdi Bourtal mais c’est sûr que l’on est un peu déçu en championnat. Il faut dire que Strasbourg et Lyon mènent grand train et ne lâchent pas beaucoup de points, et quand on les a joués aux matchs retours où on aurait dû les battre, on s’est retrouvé avec une équipe beaucoup plus jeune qu’eux. Dans les deux matchs, on fait des nuls sans être dominé, bien au contraire.

Contre Strasbourg, on mène 2-1, et c’est un peu l’inexpérience qui fait que Strasbourg égalise parce qu’avec des joueurs avec un peu plus de métier, en l’occurrence nos 5 joueurs qui avaient été surclassés ce jour là, je pense qu’on est capable de tenir le résultat. Les points perdus contre ces équipes là plus quelques points perdus à cause de l’inexpérience nous ont sanctionnés.

Globalement, je pense que l’année de Laurent a été bonne parce qu’elle a été fondamentale. Les joueurs qui sont passés par là ont rattrapé des retards pour certains, ou structuré ce qui leur manquait le plus. Je sais que maintenant on a un potentiel, on a 6-7 joueurs sur lesquels on va pouvoir construire et qu’on essaye de compléter par un recrutement intelligent.

L’objectif c’est de pouvoir renforcer ces classes d’âges qui au départ sont déficientes pour moi. Une partie a été faite par le travail, une autre le sera par le recrutement. On va retravailler aussi l’année prochaine parce qu’on aura peut-être besoin d’aller chercher 1 ou 2 joueurs. 

T.M. : Vous avez exprimé votre souhait de réduire les effectifs au sein des équipes de préformation et de formation lors des réunions avec les clubs partenaires. Pourquoi, et combien de joueurs seraient concernés ?

F.D.T. : Maintenant, on est sur un projet qui consiste à réduire le nombre de joueurs en préformation, entraîner différemment, et faire venir les 15 ans beaucoup plus vite au niveau des 16 ans. C’est ce que l’on va pouvoir faire l’année prochaine grâce à Monsieur Hocquel, proviseur du collège de l’Arsenal à Metz pour faire en sorte que les joueurs les plus matures des 15 ans puissent s’entraîner rapidement avec les 16 voire les 17 ans Nationaux, ce qui nous évite d’avoir trop de joueurs de complément.

On rajeunit les équipes par la qualité. Cela doit contribuer à faire que nos équipes soient beaucoup plus homogènes. Par effet de conséquence, il faut envisager de recruter des joueurs de complément mais qui apparaissent beaucoup plus tard, vers les 17 ans ou les 18 ans. C’est ce qu’on a fait là avec un joueur de Besançon qui va nous rejoindre.

Avant, ce type de recrutement était impossible parce qu’il y avait trop d’effectif, et donc pas de place au centre et dans les contrats. En étant plus light au niveau de la préformation pour avoir moins de contraintes en termes de quantité et prendre les joueurs plus tard quand ils seront plus matures.

En prenant des joueurs vers 13-14 ans, ils ont souvent un savoir-faire mais ils manquent de maturité technique, physique ou psychologique. Je pense qu’il vaut mieux les laisser dans les clubs amateurs, qui en profitent. Et les prendre un peu plus tard, cela n’empêche rien. On a pris par exemple Yaniss Mladjao à Merlebach qui va arriver l’année prochaine en juillet, je pense qu’il sera dans le bon temps. On a aussi pris un joueur à Quevilly, c’est le moment pour lui.

D’ailleurs, Caen était assez surpris qu’on le prenne là puisqu’ils ne l’ont pas vu arriver, et le fait qu’on le prenne les a poussé à aller le voir et à se dire «bon sang on l’a raté». C’est cette idée que l’on a de recruter de manière beaucoup plus habile et progressive. Au lieu de prendre des équipes complètes vers 13-14 ans avec beaucoup de déchets, on essaye de compléter l’équipe au fil de l’eau quand les garçons sont prêts à venir en centre de formation.

Ceux qui sont en cours de formation vont arriver inéluctablement en fin de formation. Pour ces garçons-là, il y aura forcément le cut à un moment donné: quand l’apprenti passe stagiaire, ou quand le stagiaire passe professionnel. Donc là, pour le moment on arrive avec un peu trop de joueurs en fin de cycle et forcément cela fait plus de déçus que de satisfaits. Mais après, souvent le fait de ne pas signer un contrat supérieur c’est perçu par le joueur et son environnement par un échec. En réalité, il n’y a pas de surprise: un garçon qui ne passe pas le cut, c’est parce qu’il lui a manqué des choses, un investissement supérieur, des qualités fondamentales.

Certains d’entre-eux ne signent pas à Metz, mais vont signer ailleurs, et c’est aussi grâce au travail qu’ils ont fourni à Metz, il ne faut pas l’oublier. Pour ces joueurs-là, on va respecter les contrats et tous les joueurs auront toutes leurs chances de passer au niveau supérieur.

Ce qui est en train de se jouer, c’est surtout au niveau des 14 ans où on va prendre moins de joueurs. Mécaniquement, sur l’évolution du temps, si vous réduisez les effectifs de 18 à 12, chaque année il y aura 6 joueurs de moins et donc 18 joueurs de moins d’ici 3 ans. Cela veut donc dire que les entraîneurs vont travailler différemment, surclasser plus rapidement, et travailler avec des groupes réduits: plus de répétitions, plus d’attentions pour les joueurs et d’individualisation. On va essayer de faire en sorte que la qualité de l’entraînement remplace la quantité du groupe. Quand vous avez des grosses cohortes, vous ne pouvez pas vous occuper de tout le monde et cela devient préjudiciable à l’effectif mais aussi aux joueurs. Alors que quand vous en avez moins, en théorie vous pouvez consacrer beaucoup plus de temps à chaque joueur, ne serait-ce que pour l’analyse vidéo, le travail mental et le bien-être du joueur.

C’est cette idée-là que l’on va mettre en place, mais il n’y aura pas de chasse aux sorcières, simplement l’érosion normale de l’effectif qui va se passer avec moins de recrutement pour combler.

M.M. : C’est aussi intéressant pour le pôle espoir…

F.D.T. : C’est intéressant pour le pôle espoir d’une part, ça l’est aussi pour les clubs amateurs, d’autre part, qui vont garder les joueurs et c’est intéressant pour nous aussi parce que je considère qu’en laissant un garçon dans son club, on lui laisse le temps d’évoluer.

Aujourd’hui il y a une sorte d’affolement général, lié au pôle espoir et la communication qu’il y a autour de ça. Dans la tête des parents, des clubs et des enfants, si tu ne viens pas au pôle espoir ta vie est finie.

Haré, que l’on signe de Quevilly, n’a jamais fait de pôle espoir, Mladjao non plus, on vient de signer deux joueurs en Alsace qui n’ont jamais fait de pôle espoir et qui vont rentrer chez nous en 16 ans. On parle souvent des pôles espoirs quand des joueurs signent pro, mais on ne parle jamais de tout un lot de joueurs qui ne signent rien du tout. Et ça on ne le communique pas parce que c’est politiquement incorrect et il faut le dire: dans les pôles espoirs, y compris à Clairefontaine, il y a 5-6 joueurs par année d’âge qui ne trouvent pas de clubs professionnels, et d’autres qui signent mais qui n’enchaînent pas après le contrat apprenti.

Quand on regarde les statistiques des pôles espoirs, on peut se dire que X% des joueurs professionnels en viennent, mais aussi qu’une grosse partie ne fera jamais de carrière dans le foot professionnel. Pour moi, ce n’est pas un lieu de passage obligatoire. Des garçons arrivent précocement à maturité, d’autres plus tard, et le fait de rester dans son club avec des éducateurs compétents que ce soit nos 8 clubs partenaires: Thionville, Amnéville, l’APM, la RS Magny, Saint-Avold, Forbach, Sarreguemines et Sarrebourg, mais aussi une dizaine de clubs que l’on pourrait y rajouter et qui font un excellent travail au niveau des jeunes et qui n’empêchent pas du tout les joueurs de progresser, bien au contraire.

Quand on est allé chercher Yaniss Mladjao à Merlebach, les gens étaient surpris. Maintenant qu’ils le voient s’entraîner ils sont beaucoup moins surpris et c’est une vraie révélation qui en appelle d’autres, sans passer par la préformation quelle quel soit.

T.M. : Concernant le staff de formation, que préparez-vous pour la saison prochaine ? Sylvain Marchal va certainement connaître une relégation en N3, Emmanuel Giudicelli aurait des vélléités de départ, sera-t-il toujours l’entraîneur des U19 la saison prochaine ?

F.D.T. : Je souhaite qu’on garde tout le monde. On vient de commencer une année, on vient à peine de faire un tour de circuit ensemble et on commence à se connaître et connaître les joueurs. C’était pour moi une année de transition pour amortir la descente professionnelle et faire un check-up de l’effectif.

On sait maintenant où sont les points forts, les points faibles et mettre en place les vrais projets. Je serais vraiment ravi qu’il reste, mais c’est comme les joueurs: Metz n’a jamais eu la capacité de garder ses joueurs, il faut l’accepter c’est comme ça, parce qu’il y a des clubs plus riches que nous et avec d’autres moyens.

Il faut accepter que Metz soit un club de tremplin qui perdra de toute façon ses meilleures émergences. Cela peut être les joueurs, le plus souvent contre des flux financiers comme Metz a su le faire en transférant les joueurs, mais si on a des talents chez nos entraîneurs et qu’ils sont draftés par des grosses écuries, quels moyens on peut mettre en face?

Le projet messin, même s’il est bien intéressant et motivant, il y a bien d’autres projets en France qui sont intéressants pour des formateurs ambitieux. Et ce sont des jeunes entraîneurs, ils sont ambitieux.

Maintenant, je pense qu’ils sont rattachés à ce projet comme on l’a mis en place ensemble. Peut-être que ça ne les rendra pas plus riches, mais ça les rendra meilleurs. J’espère pouvoir les garder le temps nécessaire pour qu’on puisse sortir des joueurs et qu’eux puissent s’éclater ici sans partir ailleurs. S’il devait y avoir un départ, il sera compensé comme on l’a fait avec Stéphane Saillant qui avait maintenu la Réserve

Cette année la Réserve risque de descendre, ce n’est pas parce qu’il est parti mais plutôt pour toutes les raisons que j’ai évoquées. Je pense que Sylvain à fait une très bonne année. L’année prochaine, on sera possiblement en N3 comme près de 80% des centres de formation donc ce n’est pas une incurie, on essayera de bâtir une équipe pour remonter.

Ce sera une belle expérience pour Sylvain après une année difficile puisque les matchs retour n’ont pas été faciles pour lui, mais ça l’a fait progresser. Et pour nos joueurs, de toute façon les matchs seront joués. Cette saison, ce n’est pas parce que l’on est dans le dernier tiers du tableau que les joueurs n’ont pas progressé. L’année prochaine on jouera avec l’objectif de remonter, ce ne sera pas facile parce qu’il y aura de grosses écuries.

Tout cela, ce sont des faux problèmes. Aujourd’hui, si on n’est pas resté en N2 c’est parce qu’ils nous a manqué des joueurs supplémentaires de 20-21 ans qui encadrent les gamins de 17 ans. On a payé un tribut à l’inexpérience avec des buts un peu bêtes qui je l’espère l’année prochaine ne vont plus arriver. A partir du moment où l’on est dans l’effectif réduit que l’on souhaite, on est obligé de promouvoir les talents et de jouer jeune.

Il y a certains clubs professionnels, que je ne citerai, qui jouent en N2 avec des joueurs de 23-24 ans professionnels mais qui sont uniquement à disposition de l’équipe réserve pour maintenir l’équipe. Je ne l’ai jamais fait avec mes N2, on s’est toujours maintenu, cette année on aurait aussi pu le faire et si on descend ce n’est pas grave on remontera avec une équipe jeune. Je l’ai fait avec Montpellier, Caen est remonté avec une équipe excessivement jeune et risque de redescendre cette année: c’est le lot à payer si vous voulez jouer avec une équipe jeune. L’inexpérience va vous coûter des points.

M.M. : Il y a quelques années, le président Bernard Serin avait déclaré sa volonté de voir jouer les équipes du centre de formation comme l’équipe première, est-ce encore d’actualité (la Réserve, les U19, et les U17 jouent en 4-2-3-1) ?

F.D.T. : On en a parlé avec Pierre Dréossi. Il faut être clair sur ce que cela veut dire. Si on parle de l’organisation de jeu, là-dessus avec Pierre on est synchrone et d’ailleurs je l’étais déjà à l’époque avec Joël (Muller): on peut jouer à 3 à 4 ou à 5 derrière, ce qui est important c’est surtout la façon dont on se comporte lorsqu’on a le ballon et lorsque l’on ne l’a pas. Si on défend et qu’on fait un football vraiment négatif et qu’on essaye surtout de pas prendre de but, ce n’est pas le genre de la maison.

On va plutôt essayer de produire du jeu, de marquer des buts et de jouer un football qui avance en mettant du tempo et du rythme dans la partie. Avec Jean Fernandez on était aussi sur la même longueur d’onde.

La disposition sur le terrain, c’est autre chose. Vous pouvez jouer avec une sentinelle, deux sentinelles. Typiquement Laszlo en ce moment préfère jouer avec deux, nous on joue avec une au centre et Sylvain en utilise parfois deux. A Auxerre on a pu jouer en 4-4-2 avec les 19, alors qu’on joue en 4-3-3 avec la N2. Il n’y a pas de sujets là-dessus, on peut jouer aussi avec 3 derrière ou 5.

L’idée c’est de donner une expérience plurielle aux joueurs avec la capacité à comprendre deux ou trois postes parce qu’on ne sait jamais à quel poste ils vont être accommodés en pro. Des joueurs de 15 ans, il leur reste 5 ou 6 ans avant d’accéder à l’équipe première.

On doit préparer les joueurs à être prêts. L’organisation de jeu c’est une chose, après c’est la façon de jouer. Laszlo joue un football positif, avec l’idée de jouer vers l’avant, Jean (Fernandez) c’était la même chose et les coachs qui sont pris ici c’est souvent dans cette idée-là. D’ailleurs, il n’y a pas trop d’entraîneurs de type défensif, il y a surtout des gens qui veulent fluidifier la qualité de jeu.

C’est ce qu’on essaye de faire avec des styles différents. Vous prenez la Réserve, on peut lui faire le procès qu’elle joue un peu trop haut, mais elle essaye d’aller chercher des occasions et des buts.

Si c’est l’organisation de jeu dont il est question, on ne jouera pas toujours comme les professionnels et Pierre Dréossi valide cela totalement puisque lui-même à Rennes ou à Lille c’était comme ça. Après, sur la façon d’aborder le jeu, on essaye de développer un football qui va vers l’avant, qui projette, qui procure du plaisir à ceux qui l’observent. Le match contre Lyon en Gambardella, on a perdu c’est vrai mais on a produit du jeu, j’ai vu Lyon souffrir et s’accrocher aux branches et si on est un peu plus expérimenté devant, c’est peut-être nous qui avons trois buts d’avance à la mi-temps. Et les 2000 personnes qui étaient au bord du terrain, je pense qu’elles ont passé une bonne après-midi et qu’elles peuvent être fières de leur équipe.

Souvent, sur la saison à la Plaine de Jeu, il y a eu des matchs de ce type-là contre les grosses équipes, avec des équipes moins puissantes, souvent plus jeunes mais qui ont montré de belles qualités. C’est ça qu’il faut retenir et que le président souhaite voir: des équipes qui font plaisir et qui amènent les gens au stade.

Propos recueillis par Mounir M. et Tanguy M.

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Crédit photos : Socios FC Metz

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