Après-match : AS Monaco- FC Metz – Le Rocher était infranchissable

Sans surprise, le FC Metz n’a rien pu faire face à la qualité de jeu et le réalisme du leader du championnat en Principauté (5-0). Les Monégasques ont su accélérer et scorer comme bon leur semble…

 

Le onze

 

Le FC Metz qui vient de remporter 3 de ses 4 dernières rencontres de L1 boucle une semaine éprouvante à 3 matchs. Après s’être glorieusement offert le scalp de l’OM (1-0) et Dijon (2-1) à St-Symphorien, les hommes de Philippe Hinschberger sont attendus dans la Principauté pour tenter l’exploit face à l’épouvantail du championnat dans son antre. Le stade Louis-II affiche en effet l’effrayante moyenne de 3,5 buts par match pour son équipe. Le technicien lorrain se décide d’une large revue d’effectif : 6 changements sont opérés par rapport au onze type victorieux lors des deux dernières rencontres. Didillon reste dans les cages, mais la défense entière présente un nouveau visage : seul Falette maintient sa place en charnière centrale, accompagné par le retour de Milan alors que Signorino et Rivierez occupent les couloirs. Au milieu, Fallou retrouve sa place de sentinelle aux côtés de Doukouré, Cohade étant placé en meneur de jeu. Pour animer les ailes, Sarr est réaligné tandis que Mollet réapparaît, bien remis de sa blessure. En pointe, Erding supplée Diabaté.

 

La première période

 

Le début de rencontre se matérialise -sans surprise- par un bloc messin situé très bas sur le terrain, l’AS Monaco confisquant ainsi le ballon sans pour autant adopter un rythme soutenu. C’est pourtant sur sa première situation que le leader incontesté de la L1 va ouvrir le score par le très prometteur Mbappé qui s’engouffre plein axe et ajuste Didillon d’un plat du pied facile (1-0, 7ème). La réaction des Grenats ne se fait pas attendre : Erding bien trouvé sur l’aile droite ajuste un bon centre vers Mollet qui est contré par l’arrière garde monégasque (8ème). Mais la meilleure équipe du championnat n’a malheureusement pas décidé d’en arrêter là. Sur sa seconde incursion, côté droit, Touré centre parfaitement vers Falcao qui trompe Didillon pour la seconde fois de la soirée (2-0, 10ème). La catastrophe du match aller doit certainement être bien ancrée dans les têtes messines, qui n’ont rien vu venir. Lorsque les joueurs de Philippe Hinschberger parviennent à mettre le pied sur le ballon, ils le perdent aussitôt principalement dû au pressing et à une organisation intelligente de leurs hôtes du soir. Les Monégasques emballent ainsi les débats comme ils le désirent. Le jeune Mbappé est habilement trouvé sur une superbe transversale du génial Fabinho et s’infiltre une nouvelle fois dans la surface messine pour s’offrir un doublé (3-0, 20ème). A la réception d’une relance hasardeuse de Milan, le latéral gauche Mendy passe tout proche du quatrième but mais sa tentative en force est repoussée comme il le peut par le gardien messin (32ème). Enfin, c’est Boschillia qui est proche d’aggraver le score suite à une énième promenade du virevoltant Mbappé dans la surface messine. L’action se conclut sur un superbe enchaînement contrôle poitrine/reprise de volée de Moutinho qui passe de peu à côté des buts du pauvre Didillon (41ème). Impensable le fait qu’en l’espace de 20 minutes, le FC Metz s’est littéralement fait broyer par son adversaire, encaissant trois buts en quasiment autant d’occasions. Et dire qu’il reste une mi-temps à jouer.

 

La seconde période

 

Léonardo Jardim, le coach monégasque se tut à répéter que son équipe « se doit de respecter chacun de ses adversaires ». On le croit sur parole. C’est peu de le dire tant l’AS Monaco démarre tambours battants cette deuxième mi-temps. Sur l’aile gauche, Mendy combine bien avec Boschillia, lequel lance l’inarrêtable Mbappé qui conclut cette fois d’un joli extérieur du pied (4-0, 50ème), signant ainsi son premier triplé en carrière, à tout juste 18 ans. La folie monégasque s’accentue, notamment dans le couloir droit messin qui prend définitivement l’eau à chaque fois. Suite à un énième débordement du latéral gauche Mendy, Falcao est trouvé sans opposition et coupe ainsi au premier poteau pour ce qui achève ainsi la moisson monégasque du soir (5-0, 55ème). Des Messins perdus sur le terrain et marqués sous le signe de l’impuissance physico-technique vont s’efforcer à tenir pendant la demi-heure qui suit. Didillon stoppe la tentative en première intention de Touré (74ème). Puis un nouveau festival de Mbappé, qui se joue de Nguette puis Signorino, aboutit à un centre en coup du foulard que reprend Falcao d’un ciseau qui n’aboutit pas (78ème). Les occasions ne manquent pas côté monégasque alors que les Grenats ne sortent même plus de leur camp. Lancé en profondeur, Cardona évite Falette pour cadrer son tir (86ème). L’infatiguable Mbappé est proche d’un quadruplé en reprenant une frappe de Silva sur le poteau, mais son pointu est repoussé par Didillon, bien présent (90ème+1). Pour clôturer cet évènement, Cardona passe tout proche de son premier but, mais sa tentative puissante est une nouvelle fois claquée par le portier mosellan (90ème+3).

 

Les notes des joueurs

 

Didillon (5) : c’est dans ce genre de rencontre où il faut sortir le grand jeu pour préserver sa cage ; cette performance relevait assurément de l’impossible, mais le portier a sauvé à plusieurs reprises les meubles.

Signorino (3) : un match à oublier pour le latéral gauche qui, à l’instar de Rivierez, a souffert de la vivacité de Silva et des nombreuses montées de Touré dont l’une amène un but.

Milan (3) : habituellement fragilisé par son manque de vitesse, le défenseur central a passé une soirée difficile aux côtés de Falette, qui lui aussi est apparu impuissant pour contrer les ardeurs monégasques ; une mauvaise relance coûte un but à son équipe.

Falette (3) : le constat est sensiblement le même que pour Milan ; trop souvent déstabilisé par le duo de choc Falcao/Mbappé qui l’a poussé à la faute une multitude de fois.

Rivierez (2) : le latéral droit a vécu l’enfer, régulièrement mis en difficulté sur son côté par la vitesse et les dédoublements de Mendy et Boschillia ; 3 des 5 buts monégasques viennent de son côté.

Mollet (3) : l’ailier droit n’a rien pu démontré dans ce match tant offensivement que défensivement, privé de ballon, il a subi toute la rencontre avec Rivierez dans ce couloir béni par la paire Mendy/Boschillia qui s’est amusée.

Fallou (3) : à l’instar des autres milieux messins, il n’a pas existé dans la rencontre et a été contraint à de nombreuses compensations dans l’axe de la défense messine.

Doukouré (3) : de très rares incursions vers l’avant et un nombre minimal de ballons récupérés, il s’est montré transparent dans cette rencontre.

Cohade (4) : un contexte difficile dans la mesure où il se devait être le meneur de jeu dans une équipe qui n’a quasiment jamais eu l’occasion de jouer vers l’avant ; auteur cependant d’un bon centre en première période qui amène un corner.

Sarr (4) : à l’image de Mollet, il n’a que rarement pu trouver de l’espace dans le camp monégasque et s’est attelé à défendre face à la paire Silva/Touré à peine moins prolifique que dans le couloir opposé.

Erding (4) : l’avant-centre a sans surprise peu touché de ballons dans la zone de vérité mais s’est battu tout le long du match ; auteur toutefois de la seule opportunité messine en deuxième période grâce à une belle frappe repoussée par Subasic.

 

L’analyse

 

« Après le calme, la tempête… ». C’est sur cette formule assez conventionnelle que l’on peut résumer le scénario de cette fin de semaine. Les Grenats ont en effet affronté un ténor européen -qui jouera sa place parmi les 8 meilleures équipes d’Europe très prochainement- en mode conquête. Le projet de jeu de l’AS Monaco était bien établi à l’avance. L’idée était simple : mettre en place un bloc équipe très haut sur le terrain afin d’étouffer l’adversaire et le faire reculer dans ses propres retranchements. C’est par cette forme de pression constante que les protégés de Philippe Hinschberger ont été contraint à défendre toute la rencontre dans leurs 30 derniers mètres…

Lorsque l’on joue bas, on peut très bien défendre sans être acculé mais cela implique que les milieux excentrés compensent systématiquement les dédoublements procurés par la montée des latéraux adverses. Or, les ailiers messins n’ont jamais su comment bien défendre face à autant de vivacité et de créativité. De plus, le milieu de terrain monégasque est apparu comme un véritable rouleau compresseur, à l’initiative de Fabinho, sans doute le meilleur à son poste en L1 cette saison. Et l’on peut continuer longtemps l’éloge de l’équipe de Jardim tant on a la sensation à chaque fois que cette formation peut en planter 4 ou 5 contre n’importe quel adversaire.

Ce soir, les Messins avaient certainement de bonnes et louables intentions mais la qualité du duo Falcao/Mbappé a frappé à grand coup, à chaque fois. Le second nommé apparaît d’ailleurs comme un véritable phénomène de précocité pour son âge (18 ans). Il pourrait bien devenir l’un des meilleurs joueurs de la planète s’il maintient ce rythme de progression en plus de son étonnante maturité.

En définitive, Metz est tombé ce soir contre -beaucoup- plus fort que lui. L’AS Monaco ne boxe clairement pas dans la même catégorie que le FC Metz, lequel se doit en revanche d’être intraitable à domicile prochainement contre des adversaires de son calibre (Nantes, Rennes, Bastia).

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