[APRES-MATCH : AS St-Etienne – FC Metz] Metz rompt avec la malédiction…

Près de 25 ans après, le FC Metz est enfin parvenu à s’imposer à Geoffroy-Guichard (0-1) grâce à une prestation défensive de haut vol face à une équipe de St-Etienne qui n’en finit plus de plonger dans la crise…

 

Le débrief

 

Il aura fallu attendre très exactement 24 ans et 6 mois pour trouver trace du dernier succès lorrain en terre stéphanoise. A l’époque, Chirac allait tout juste briguer le premier de ses deux mandats présidentiels à la tête de l’Etat tandis que certains des rédacteurs des Socios n’étaient pas encore de ce monde. Une éternité ! Ce fameux soir du 17 avril 1995, au temps des « PP » flingueurs, c’est Cyril Pouget qui avait offert la victoire au club de Carlo Molinari dans une confrontation au couteau face à des Vert déjà en grande difficulté dans le championnat de France qu’on appelait encore D1. C’est dire l’exploit majeur réalisé par les hommes de Vincent Hognon hier soir dans le Chaudron, car il faut se rappeler que seules 4 autres formations messines sont parvenues à ressortir vainqueur de Geoffroy-Guichard depuis la nuit des (championnats) temps.

Une performance qui n’est pas anodine dans un contexte tout de même très délétère et d’autant plus complexe que nos amis Stéphanois vivent un début de saison pas moins tumultueux que celui de nos chers Messins. Ou la preuve que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs (sans mauvais jeu de mot). En effet, c’est à un véritable récital défensif auquel on a pu assister. Après 4 défaites de rang, il fallait bien changer quelque chose dans une recette qui ne prend plus depuis un gros mois, maintenant. C’est donc à la surprise générale que Cohade, Sunzu et Boulaya ont été invités à s’installer sur le banc des remplaçants alors que Fofana et Traoré se sont retrouvés propulsés dans un onze de départ toujours articulé autour d’un 4-3-3 des familles. Autant dire que le mot d’ordre devait très certainement être de rester bien en place pour jouer la carotte.

Et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Metz a concrétisé sur son unique tentative cadrée de la partie et St-Etienne n’a pu faire aussi bien. Il y avait donc de quoi être « heureux de la réaction des joueurs », selon Vincent Hognon, quand bien même ça n’est pas forcément de lui qu’est venu le salut. Ce sont bel et bien les joueurs qui, par une prise de conscience collective et tactique, ont (enfin) pris la mesure de ce que représente un match de L1. Lorsque les ingrédients de bravoure sont réunis à la bonne sauce d’intensité, il peut arriver que cela fonctionne soudainement. Comme par enchantement. C’est donc à la faveur d’un premier quart d’heure de qualité, accompli le plus souvent dans le camp de St-Etienne pour y gratter les ballons, que les Grenat ont fort logiquement ouvert le compteur, pendant leur temps fort.

A la suite d’un corner tendu de Traoré, c’est le prédateur des surfaces du nom de Diallo -promu capitaine d’un soir- qui prenait le meilleur sur un autre capitaine, Perrin, pour placer sa tête en opposition dans le but de Bajic (0-1,18ème), alias le 3ème gardien des Vert dont la titularisation improbable faisait suite à l’absence sur blessure de l’éternel Ruffier, ajoutée à celle de Moulin pour des pépins physiques similaires. Autant dire que si l’on veut être mauvaise langue, on peut aisément supposer que si Ruffier avait tenu sa place face au FC Metz, il n’est pas dit que les Grenat seraient repartis avec les trois points. Mais avec des si…on coupe du bois, de toute façon.

Restait donc à conserver ce court avantage face à un adversaire emprunt par le doute et la dépression, en témoigne ce nombre inconsidéré de déchets techniques dans les transmissions de la part de joueurs pourtant rôdés à ce niveau comme Hamouma, Cabaye ou encore Boudebouz. Une équipe de St-Etienne qui a terminé la rencontre avec pas moins de 6 joueurs offensifs sans pour autant se créer de réelles occasions franches. Il faut dire aussi que -pour une fois- la défense grenat s’est montrée impériale et âpre dans les duels, à l’image de Fofana et Boye qui n’ont cessé de faire le ménage dans la surface tandis que Delaine et Centonze ont verrouillé leurs couloirs tels des videurs de boîte de nuit à 3 heures du matin un samedi soir. On regrettera presque le manque d’audace des Lorrains en fin de rencontre, lesquels auraient pu tuer tout suspense lorsque les espaces ont commencé à s’ouvrir en grand…

Voilà qui demeure une sacrée performance, en y repensant. Alors bravo quand même à Vincent Hognon pour avoir su titiller et éveiller ses joueurs ces derniers jours. Prudence toutefois, car la vérité d’un match n’est pas celle d’une saison et on le sait d’autant plus avec cette jeune équipe, qui brille encore trop souvent par son irrégularité, à l’intérieur même des matchs. Davantage de consistance sur 90 minutes ainsi qu’un regain de folie dans les choix d’animation offensive (et si l’on testait enfin un 4-4-2 avec Niane ?) et ce FC Metz là peut assurément enchaîner régulièrement des coups parfaits comme celui-ci.

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Fofana/Boye (7) : on a vu la différence entre une charnière costaude, pleine d’engagement et de vigueur sur l’homme par rapport au chaos défensif subi lors de la réception d’Amiens.
Delaine/Centonze (7) : dans les couloirs, les deux latéraux messins ont réalisé impeccablement la tâche défensive sans laisser trop d’espace aux nombreux attaquant des Vert ; de plus, on a pu assister à de nombreux débordements qui auraient dû mériter meilleur sort.
Diallo (7) : comme d’habitude, il a surnagé dans le secteur offensif avec la puissance et l’efficacité qu’on lui connaît depuis un moment, désormais. Quel bonheur cela doit être, d’avoir Habib à ses côtés.
Cohade (7) : remplaçant au coup d’envoi, son entrée en seconde période a été déterminante notamment dans l’équilibre défensif de l’équipe, qui de plus, a subi une majeure partie du temps dans son camp.

Les flops :

Nguette (4) : on va se répéter semaine après semaine mais c’est toujours le même souci pour l’ailier grenat : des efforts non concluants pour le moment, il faut donc persévérer car le potentiel de ce joueur est réel…

 

M.D

P