Après-match EAG – FC Metz : Défaite pour l’anecdote

En clôture de cette saison 2016/2017, les Grenats ont accouché d’une dix-septième et dernière défaite sur la pelouse de Guingamp (1-0) qui les place ainsi définitivement au quatorzième rang de la L1.

 

Le onze

 

Il était attendu du FC Metz qu’il glane quelques points supplémentaires à l’occasion de cette 38ème journée de L1 en Bretagne dans l’optique d’un éventuel bond au classement justifié par l’idée de renflouer les caisses du club. Bien au contraire, Philippe Hinschberger et son staff semblent avoir plutôt ciblé ce match comme l’occasion d’effectuer quelques tests à différents postes. Les absences du onze de cadres comme Bisevac, Assou-Ekotto, Balliu, Fallou, Sarr, Diabaté en plus des mises au banc de Didillon et Erding en disent long sur la volonté du club lorrain. Pour cette ultime rencontre, les Messins se présentent sur la pelouse du Roudourou avec une équipe alors largement remaniée : Kawashima est reconduit dans les buts ; Udol, Falette, Philipps et Rivierez forment le quatuor défensif ; l’entrejeu est plus habituel avec le duo Mandjeck-Doukouré soutenu par Cohade en meneur de jeu ; Nguette et Jouffre occupent les couloirs offensifs alors que Vion mène les devants de l’attaque.

 

La première période

 

Antoine Kombouaré, le coach de Guingamp veut gagner ce match et ses intentions ne sont pas vaines. Dès l’entame, les joueurs des Côtes d’Armor prennent clairement les opérations à leur compte et se montrent d’entrée dangereux dans la zone de vérité messine (2ème et 6ème). La première occasion est à l’actif des locaux après une accélération de Salibur dans l’axe de l’arrière-garde messine qui écrase trop sa frappe (15ème). Alors que le rythme est largement retombé en cette première mi-temps, les Grenats n’ont toujours pas insufflé le moindre danger dans le camp adverse, malgré les tentatives en solo de Nguette (23ème et 25ème). Les Guingampais en profitent pour jaillir dans la surface messine mais le bon centre de Salibur à destination de Diallo aboutit à une tête qui passe de peu à côté (26ème). Révoltés, les locaux sont récompensés quelques minutes plus tard sur une nouvelle percée de Salibur côté droit dont le centre dévié par la défense messine et repris victorieusement par Diallo avec un peu de réussite (1-0, 29ème). C’est un festival offensif qui démarre. Il n’y a qu’une seule équipe sur le terrain, l’EAG qui ne parviendra pas à creuser l’écart malgré l’accumulation d’occasions devant les buts de Kawashima. Ni la tête de Privat (34ème), ni celle de Diallo (39ème) ne trouveront le cadre.

 

La seconde période

 

Sans doute remontés après un premier acte insignifiant dans le jeu et au niveau de l’état d’esprit, les Grenats vont s’évertuer à présenter un autre visage à leurs aficionados. Malgré une réelle maîtrise du ballon, ce sont toujours les Bretons qui se créent les meilleures opportunités. Diallo est une nouvelle fois bien servi dans la surface par Deaux mais sa reprise termine sur le poteau de Kawashima (53ème). Sur l’aile opposée, Coco dépose Udol de vitesse mais sa frappe fuit le cadre (63ème). S’ensuit alors le temps fort tant attendu des joueurs de Philippe Hinschberger. Les locaux, certainement usés des efforts accomplis et un brin relâchés vont abandonner un tant soit peu la direction des opérations à Metz. Fraîchement entré en jeu à la place du fantomatique Vion, Erding se met en lumière mais sa reprise de la tête suite à un beau centre d’Udol rase la transversale de Johnsson (71ème). Il ne s’agit là ni plus ni moins de la première occasion messine de la partie. La fin de match sera à l’image de cette tentative : insignifiante. C’est une bien pâle équipe lorraine qui accomplit ses dernières minutes de la saison dans une atmosphère étrangement amicale. Pour son ultime rendez-vous de l’année, les Messins ont donc été fidèles à eux-mêmes et réguliers dans la (contre) performance. A l’image de leur saison, c’était tout ou rien…

 

Les notes des joueurs

 

Kawashima (6) : toujours très concentré et appliqué, le portier mosellan s’est notamment distingué sur cette superbe parade face à Marçal mais ne peut rien sur l’unique but de la partie.

Udol (5) : le pur produit de la maison grenat a réalisé une prestation défensive assez propre et s’est même fendu de quelques montées dans son couloir gauche en seconde période.

Philipps (5) : délocalisé dans l’axe de la défense, l’habituel milieu récupérateur a démontré une certaine aisance technique et un placement relativement habile dans sa position reculée.

Falette (4) : en l’absence de Bisevac, c’est lui qui a dû enfiler la panoplie de patron de la défense, chose qu’il a eu du mal à démontrer, en témoigne ses nombreuses approximations dont l’une coûte entre autres la défaite du jour.

Rivierez (5) : une prestation honorable du latéral droit, insuffisante certainement à faire basculer la hiérarchie du poste, mais somme toute assez correcte étant donné les nombreuses absences de ce match.

Mandjeck (3) : une première période catastrophique où l’entrejeu grenat a été littéralement broyé par le milieu guingampais, incapable donc de ressortir le ballon ni d’amorcer la moindre attaque placée dans le camp adverse.

Cohade (4) : à l’image de Mandjeck, un tout petit match du milieu messin le plus régulier cette saison, néanmoins un apport technique un cran au-dessus de ses coéquipiers.

Doukouré (5) : en l’attestent ses récentes prestations, le récupérateur messin semble avoir retrouvé ses qualités d’avant sa longue blessure et est apparu comme la véritable impulsion du jeu lorrain.

Nguette (6) : à l’instar de Doukouré, le jeune ailier a retrouvé un temps de jeu important cette saison et devient de plus en plus régulier, dommage que cela ne suffise pas pour accrocher un résultat cette fois-ci.

Jouffre (3) : à court de rythme, de jambes et d’inspiration, le dépositaire du jeu offensif messin est complètement passé à côté de son match, la fin de saison devrait lui faire le plus grand bien.

Vion (2) : n’ayant pas eu grand-chose à se mettre sous le pied, l’attaquant formé au club traîne son spleen depuis trop longtemps sur le terrain, le faire démarrer seul en pointe n’est sans doute pas un cadeau de la part de son coach.

 

L’analyse

 

Une ultime défaite -franchement anecdotique- pour achever une saison qui aura été marquée par des débâcles, des déceptions, des périodes de flottement, mais aussi par des moments d’espoir, d’intense bonheur et des retournements de situation à foison. L’analyse en profondeur de cette saison spectaculaire à tous les niveaux doit certainement être un exercice périlleux pour l’ensemble des protagonistes du club messin.

Tant en effet, cette année aura été ponctuée de son lot d’espoirs mais aussi de déconvenues. Tant cette année aura été emprunte de ces instants tragiques après des moments de béatitude, ou de ces moments de joie incommensurables faisant suite à des périodes oppressantes dans le paysage mosellan. Tant finalement cette année aura longtemps semblé sonner creux chez les supporters comme au présage d’un perpétuel calvaire dans l’historique récent des Grenats en L1. Et pourtant…

Qui l’eut cru qu’en dépit des mauvaises prestations de l’équipe, des coups montés par la LFP, de l’accumulation des blessures de joueurs cadres, du pessimisme ambiant, les hommes de Philippe Hinschberger parviendraient à surmonter le poids de près de deux décennies de disette du club à la Croix de Lorraine au plus haut niveau ?

C’est peut-être bien là, la victoire de l’entité FC Metz. Celle d’avoir enfin su rompre avec la malédiction du promu joufflu, naïf et inexpérimenté qui ne trouve pas la solution clé dans les périodes charnières. Cette fois-ci, les Grenats ont su faire preuve d’une force de caractère et d’un tempérament irréprochable à St-Symphorien pour venir à bout de leurs adversaires -seul le PSG s’est imposé en terre lorraine sur la phase retour- et atteindre sa quête initiale : le maintien.

Le Football Club de Metz évoluera donc bien une deuxième saison de suite parmi l’Elite. Chose qui n’était plus arrivée depuis les saisons 2004-2005 et 2005-2006. En parachevant ses péripéties à une honorable quatorzième place, les protégés de Philippe Hinschberger sont même passés très près d’un record de points -et de classement- en L1 qui traîne depuis la fin du siècle dernier, c’est dire à quel point le temps est apparu long…

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