[Après-match : FC Metz – AS St-Etienne] Epatant !

Porté par un duo Nguette/Diallo en feu, le FC Metz a enchaîné un troisième succès de rang après une prestation brillante face à l’ASSE (3-1) à St-Symphorien…

 

L’analyse

 

Le FC Metz était en panne d’inspiration depuis de longues semaines, et puis, 2020 est arrivé. En quête d’un renouveau fondateur, les hommes de Vincent Hognon auront nourri les pires difficultés pour briser une spirale de résultat des plus inquiétantes, laquelle n’aura cela dit guère eu pour effet de plomber le mental d’un groupe qui a ce mérite de toujours garder la tête froide, au-delà des circonstances atténuantes, dramatiques même, avec lesquelles il a fallu faire… Voilà que cette équipe a enfin retrouvé des couleurs, et c’est peu de le dire. Un millésime qui n’aurait pas pu débuter sous de meilleurs auspices, après ce carton plein effectué par le club à la Croix de Lorraine sur ses trois premières sorties de l’année en L1. Chose suffisamment rare pour être soulignée : il faut en effet remonter à septembre 2014 -époque Cartier- pour retrouver trace d’une telle série pour les Grenats en première division. Tout va désormais nettement mieux. Comment expliquer un tel renouveau artistique en un rien de temps ?

Dans un premier temps, il convient de souligner le travail remarquable réalisé par la cellule de recrutement messine qui s’est distinguée avec brio en allant dénicher deux recrues qualitatives tant sur le plan footballistique que mental, ce qui a pour effet de tirer l’ensemble de l’effectif vers le haut depuis leurs arrivées respectives. Rapidement débarqués sur le sol lorrain, le mercato hivernal à peine ouvert, Dylan Bronn -défenseur central- et Vincent Pajot -milieu de terrain relayeur- ont en effet directement apporté une plus-value au FC Metz. Deux gaillards désormais incontournables au sein du onze type de Vincent Hognon, tant leur apport en termes de leadership, de qualité physique et technique s’avère déterminant. En à peine trois matchs disputés sous la tunique grenat en L1, ces deux hommes ont pour ainsi dire goûté à autant de succès que le reste l’effectif sur la base des 5 premiers mois de championnat. C’est assez délirant…

En parallèle de ce mercato réussi -mais qui se serait révélé triomphant si un profil offensif percutant avait signé-, il faut saluer l’intelligence tactique -suffisamment rare pour être soulignée- du coach mosellan qui a su, avec l’arrivée de deux nouveaux éléments, non seulement insuffler une nouvelle dynamique au sein du vestiaire mais surtout eu l’audace de changer de système de jeu avec un retour à un 4-3-3 plus conforme. Avec le retour de l’indéboulonnable Maiga dans l’entrejeu messin, il a redonné confiance à Niane sur le côté droit de l’attaque (même si le garçon a encore des progrès à faire dans son efficacité et son volume de jeu), ce qui a le mérite d’être cohérent d’un point de vue tactique. Etrangement, le jeu du FC Metz s’en ressent moins stéréotypé et hybride en ce sens où il correspond davantage aux qualités intrinsèques des joueurs clé de cette équipe. Un changement salutaire en ce début d’année 2020.

Cette performance grenat et l’allant retrouvé devraient permettre au club à la Croix de Lorraine d’engranger un maximum de confiance -notion indispensable dans toute opération maintien- en plus des nombreux points supplémentaires placés récemment dans l’escarcelle. De plus, si l’on se fie aux dynamiques adverses, force est de constater que Amiens et Toulouse sont à l’arrêt depuis de nombreux mois et n’ont visiblement même pas été capable de prendre le dessus l’un sur l’autre dans une confrontation vitale. Ajoutez à cela l’instabilité nîmoise en interne et l’effectif un peu ric-rac de Dijon -malgré des résultats probants à Gaston-Gérard- et vous comprenez mieux pourquoi l’équation s’est subitement inversée dans le bon sens. Autant dire que, désormais, les Grenats ont toutes les cartes en main pour s’élever encore plus haut…

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Nguette/Diallo (8) : pour sa centième dans l’Elite, l’ailier sénégalais s’est distingué en débloquant la rencontre d’un superbe enchaînement contrôle/frappe suite à une déviation de Diallo avant d’offrir la balle du 2-0 à ce même Diallo et de conclure par un doublé à bout portant. Chapeau les artistes !
Pajot (7) : depuis qu’il est arrivé sur les bords de la Moselle, l’ex-Stéphanois s’est fondu comme dans un moule au sein du collectif lorrain, se muant même en véritable patron de l’entrejeu. Un énorme plus.
Bronn (7) : à l’instar de Pajot, le solide roc marocain s’est intégré de la meilleure des manières à l’équipe mosellane et il symbolise grandement cette sérénité nouvelle qui habite la défense grenat. Une superbe pioche.
Oukidja (7) : parce que depuis le début de l’année, ça n’est plus Oukidja mais «Ouninja » vu le niveau plus qu’exceptionnel affiché par l’ancien Strasbourgeois lors de ses récentes prestations.

Les flops :

Niane (4) : brouillon et pas dans son meilleur jour, le jeune attaquant sénégalais a eu la plus grande peine du monde à se retrouver en pole position sur le front de l’attaque et a eu beaucoup de déchet technique.

 

M.D

P