[Après-match : FC Metz – FC Nantes] Metz au bout de l’ennui

Alors qu’il ne s’était strictement rien passé en 1ère période, les Grenats ont su construire leur victoire face à un très triste FC Nantes à St-Symphorien (1-0), pourtant dauphin du PSG avant la rencontre. Comme quoi…

 

L’analyse

 

Comme quoi, tout est possible dans ce championnat aussi dense qu’homogène. Ce Metz-Nantes était censé accoucher d’un choc des extrêmes entre, d’une part, une équipe grenat lanterne rouge emplie par le doute et l’incertitude et, d’autre part, des Canaris qui n’en finissent plus de picorer sur leurs adversaires au fil du temps qui passe. Mais voilà, les semaines se suivent mais ne se ressemblent étrangement pas. Et pour personne, d’ailleurs. Et pourtant, au sortir d’une prestation loin d’être aboutie aussi bien dans le contenu qu’en termes d’occasions engendrées, le FC Metz est parvenu à l’emporter -et assez logiquement finalement- face à un FC Nantes incroyablement ininspiré qui, paradoxalement, sortait d’une série exceptionnelle de 6 victoires lors des 7 dernières rencontres. A défaut d’être tranchante dans la zone de vérité adverse -en témoigne ces deux seuls tirs cadrés de la rencontre- l’équipe menée par Vincent Hognon a au moins eu le mérite de faire preuve de solidarité et d’une intransigeance infaillible dans sa propre surface, ce qui est toujours agréable à souligner.

 

En effet, alors que la formation dirigée par l’un des tacticiens les plus reconnus dans l’Hexagone -à savoir Christian Gourcuff- nourrissait des ambitions très assumées pour ce déplacement à St-Symphorien, il s’avère que Nantes n’a jamais été en mesure de contrarier les Messins, encore moins de mettre en place son football et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’à défaut d’être flamboyant dans le jeu et les combinaisons offensives, ce FC Metz a démontré un visage extrêmement cohérent dans son animation défensive. Portée par une charnière centrale en forme olympienne, que ce soit avec Fofana, Boye ou Sunzu lorsque ce dernier a remplacé son coéquipier ghanéen blessé, l’organisation messine était quasi parfaite à ce niveau. Même si l’on regrettera d’avoir très peu vu les latéraux monter, notamment le très appliqué Cabit, dont c’était la première titularisation en grenat. Sans doute une consigne du coach ou du manager général, mais ça, on ne le saura jamais sauf si l’un des protagonistes évoque le sujet un jour.

 

Un dispositif qui a surtout fonctionné parce que, outre l’expulsion justifiée du nantais Wague à l’heure de jeu qui a changé en partie la physionomie du match, l’un des maillons essentiels du dispositif grenat a réalisé une prestation exceptionnelle : il s’agit bien sûr de N’Doram. Un garçon qui monte clairement en puissance depuis quelques temps et qui devient désormais un élément cadre de l’équipe. Il faut dire que le joueur prêté par l’AS Monaco possède une qualité technique hyper fiable, en plus de ses capacités physiques naturelles et de son volume de course et de jeu. Si le FC Metz a été fort dans l’aspect défensif, il le doit assurément beaucoup à son jeune milieu défensif. A ce titre, le capitaine Cohade peut avoir du souci à se faire, d’autant plus si ce système avec N’Doram en position de 6 apporte plus de garanties défensives. Fort heureusement, d’ailleurs, car pour le reste…il y a du pain sur la planche.

 

Que dire de l’animation offensive, quasi inexistante hier soir ? Le problème majeur récurrent étant que Diallo, malgré toutes ses qualités évidentes, ne peut pas demeurer l’unique point d’ancrage d’un système asymétrique où, déjà, les latéraux et les ailiers ont une vocation majoritairement défensive. On se retrouve donc en phase d’attaque avec un Maiga, milieu relayeur de formation, qui joue un rôle de faux ailier droit alors que Traoré, quant à lui, ne prend jamais le couloir pour lui préférer l’axe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce côté droit n’est pas tout à fait fonctionnel. Quant au couloir gauche, en l’absence du virevoltant Delaine, Cabit a fait le travail défensivement tout en sobriété mais n’a pas eu le rendement offensif de l’habituel titulaire du poste, alors que plus haut, on a pu voir à l’œuvre Ambrose, qui, malgré sa bonne volonté et ses tentatives de percussion balle au pied, n’a pas vraiment pesé dans la défense des canaris. Un secteur en berne, qui mériterait quelques retouches durant le mercato hivernal, mais on aura le temps de se poser la question le moment venu.

 

Du reste, quels enseignements pour ce match ? Le FC Metz n’est pas (encore) tout à fait tiré d’affaire, encore moins condamné, d’autant plus que le championnat de France est globalement nivelé vers le bas cette année avec la défaillance notamment des gros clubs qui ambitionnent les places européennes : Lyon, Monaco, Marseille, Rennes, St-Etienne pour ne pas les citer. Lorsqu’on voit que la lanterne rouge peut battre le deuxième sans qu’il n’y ait de contestation possible, il y a de quoi être affligé franchement. Cela signifie aussi que si le club à la Croix de Lorraine se pose les bonnes questions et se donne les moyens de réussir durant l’hiver, tout reste possible…

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

N’Doram (8) : il a tout fait parfaitement dans son rôle de sentinelle, jouant avec élégance et assurance ; à défaut de marquer sur cette tête qui a fracassé le poteau, il a sauvé les siens à la dernière seconde suite à la reprise de Blas qui prenait le chemin des filets ; l’homme du match, sans hésitation.
Fofana (7) : déjà très appliqué en première période, il a été encore plus présent en seconde malgré la sortie sur blessure de son acolyte Boye ; précieux également dans les relances au sol.
Diallo (6) : l’avant-centre grenat a beaucoup travaillé en première mi-temps, souvent contrarié dans le jeu aérien par la charnière nantaise, il a planté son but hebdomadaire sur son unique tir de la rencontre.

Les flops :

Gakpa/Traoré (4) : considérés comme les deux « maîtres à jouer » de cette équipe, dans des registres différents, ils ont tous deux été défaillants : Gakpa a touché beaucoup de ballons dans le cœur du jeu mais n’en a pas bonifié un seul alors que Traoré a été quasiment invisible sur son aile pendant toute la rencontre.

 

M.D

P