[Après-match : FC Metz – Stade Reims] Le vide avant l’espérance

Capables du meilleur comme du pire notamment en 1ère période, les Grenats sont revenus d’entre les morts pour empocher un bon point face à de solides et entreprenants rémois (1-1) à St-Symphorien…

 

L’analyse

 

Rien de bien neuf, sous le soleil mosellan. Semaine après semaine, match après match, désillusion après désillusion, rien ne change dans le sillage des hommes de Vincent Hognon. Un coach lorrain qui n’en finit plus de déplorer la fragilité de son équipe et de « ces erreurs que l’on commet toujours et qui nous pénalisent sans arrêt ». Toujours aussi peu lucide sur les ressorts aussi bien tactique que psychologique à apporter dans la gestion de son effectif, l’entraîneur du FC Metz n’a jamais semblé aussi lunaire que lors de ses plus récentes causeries, lui qui apparaît de plus en plus blasé sur et en dehors des pelouses de L1. Un discours qui ne passe plus -si tant est qu’il passait jadis- au sein d’un vestiaire désormais fragmenté par la mise à l’écart très surprenante du capitaine Renaud Cohade, dont la place sur le terrain n’a pourtant jamais été contestée au cours des trois dernières saisons…

Bizarrement, depuis une prestation certes ratée de notre capitaine courage à Brest en octobre dernier (NDLR : défaite 2-0 à Francis-Le-Blé), on ne l’a plus du tout revu. On dirait bien que Vincent Hognon s’en est servie comme d’un prétexte fallacieux pour écarter celui qui ne devait pas hésiter, à coup sûr, à énoncer ses quatre vérités à l’oreille du coach grenat quant aux lacunes récurrentes rencontrées par son équipe. Ou alors, y-aurait-il un autre souci d’ordre interne auquel nous n’aurions pas connaissance ? Difficile d’imaginer que Fred Antonetti ait pu influer dans ce choix de management suicidaire, mais qui sait, après tout… Voilà qui pose une autre limite du système hybride actuel avec à la tête du département sportif l’ami Antonetti, porté disparu des radars et de la circulation depuis des lustres. On parle là tout de même du « manager du sportif » du club messin, quand même, où la preuve, une fois de plus, de l’amateurisme du club à la Croix de Lorraine à différents niveaux.

Pour en revenir au cas Cohade, quoi qu’il en soit, il faut reconnaître beaucoup de cran à Vincent Hognon d’avoir blacklisté celui qui porte haut les cœurs les valeurs du club -si tant est encore une fois que l’on s’en souvienne-, à savoir l’abnégation, le courage, la volonté, la capacité de jouer en verticalité et d’initier un pressing haut, le tout avec panache et sans jamais tricher en quelconque circonstance. On en arrive à un point où l’on se prive volontairement d’un relais sur le terrain dans les moments clés d’un match. Tout ce cirque et cette gestion calamiteuse relève clairement de l’inconscience, si ce n’est de la malhonnêteté intellectuelle dans l’opération maintien qui est l’objectif primordial du FC Metz cette saison encore.

Qu’en pense donc le principal décideur, Bernard Serin, qui porte en grande partie la responsabilité d’un potentiel échec, au regard de l’ensemble des erreurs stratégiques qu’il a commises depuis l’été dernier. A commencer bien sûr par la nomination par défaut de Vincent Hognon à la tête de l’équipe professionnelle -qui plus est dans un contexte hautement défavorable pour un homme dont le costume d’adjoint seyait à merveille-, le maintien de Fred Antonetti dans une position énigmatique, et le recrutement estival qui n’a pas bien ciblé les manques de l’effectif, notamment dans le compartiment offensif, on ne pas revenir là-dessus.

Ajoutons à tout cela le peu de confiance (c’est un euphémisme) du coach qui rejaillit en permanence directement sur sa troupe et sur les remplaçants dont le rôle devient de plus en plus minime au fil du temps et l’on obtient une recette un brin forcée et relativement peu opérante. En effet, les titulaires jouent tous les matchs et reviennent de sélection amoindris ou malades (Traoré, Angban, Maiga) mais ne sont jamais préservés. Toutes ces péripéties n’empêchent pas Vincent Hognon d’aligner le même onze à chaque match, quand bien même cela ne fonctionne pas. Quid de Gakpa, Niane, en plus de Cohade ? Et à force d’œuvrer de travers, l’équipe est logiquement sanctionnée le samedi soir. Pourtant, il y a de quoi faire dans cette L1 si indigente à tous points de vue (PSG excepté of course). Alors c’est facile de se plaindre en conférence de presse, encore faudrait-il démarrer les rencontres à l’heure. N’est-il pas vrai Vincent ?

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Traoré (6) : après une première période insipide au cours de laquelle on ne l’a pas vu, le milieu offensif malien a sauvé son équipe sur cette reprise à bout portant et a été bien plus tranchant dans ses prises de balle en seconde mi-temps.
Centonze (6) : toujours assez fiable et autoritaire défensivement lorsqu’il s’agit de tenir son couloir, l’ex-Lensois participe de plus en plus au jeu offensif de son équipe avec davantage de justesse qu’en début de saison.

Les flops :

Oukidja (4) : son apathie sur un coup franc rémois a priori anodin amène l’ouverture du score très tôt des hommes de David Guion, ce qui n’a pas manqué de plomber la confiance de l’équipe par la suite…
Angban/Fofana (3) : après la sortie prématurée de N’Doram -qui n’a sans doute pas encore totalement digéré l’accident terrible dans lequel il a été impliqué avec Cabit-, l’entrejeu messin a manqué de physique, de technique et plus grave encore, d’équilibre, ce qui a été hautement préjudiciable dans cette rencontre.

 

M.D

P