[Après-match : FC Metz – Toulouse FC] Un nul spectaculaire

Dans une rencontre pleine de rebondissements, et après avoir mené deux fois au score, Metz a finalement concédé un nul plutôt équitable face à une équipe de Toulouse inspirée et incisive (2-2) à St-Symphorien…

 

Le débrief

 

Après être passé aussi près d’une deuxième victoire de rang, le FC Metz pourra nourrir de sacrés regrets au regard du scénario final, aussi cruel que frustrant. La déception est d’autant plus forte que les hommes de Vincent Hognon étaient parvenus à réaliser le coup parfait jusqu’à l’approche des 5 dernières minutes, et ce, en dépit des faits de jeu et des aléas des blessures. Le coach lorrain avait en effet visé juste sur sa mise en place tactique, en ayant recours à des choix importants, et sur la manière d’appréhender le match de façon générale. Un dispositif marqué du sceau de l’hybridité, en témoigne cette composition en forme de sapin de Noël, à l’instar de ce que l’on pouvait observer dans les premières compositions parisiennes -souvenez-vous le PSG d’Ancelotti version 2012/2013- sous les débuts de l’ère qatarienne. Côté messin, cela ressemblait étrangement à ce système -dans l’animation défensive du moins- avec N’Doram en position de sentinelle, le trident Nguette/Gakpa/Maiga dans un milieu totalement asymétrique, Traoré dans le rôle de faux neuf/meneur de jeu, et bien sûr Diallo en pointe.

fc metz toulouse

Concrètement, cela a donné quoi sur le terrain ? Eh bien, ma foi, plutôt de belles choses. Car il n’aura suffi que de 15 secondes de jeu pour assister à la première incursion des Messins dans le camp toulousain. Malheureusement, Traoré ne parvenait pas à trouver le cadre dans une position pourtant avantageuse (1ère), à la suite d’une belle action collective. Sans répit, les Grenats démarraient la rencontre tambours battants et c’est finalement l’inarrêtable Diallo qui ouvrait les hostilités en profitant d’une erreur de relance de Sylla pour placer son tir hors de portée de Reynet (1-0, 4ème). Une première mi-temps qui sera largement à l’avantage des hommes de Vincent Hognon alors que le TFC se retrouve en grande difficulté dans les duels et l’engagement. Malheureusement, les partenaires de John Boye ne parviendront pas à doubler la mise malgré de nombreuses opportunités : ni Gakpa (14ème et 28ème), ni Niane (31ème) n’ajusteront la mire dans des positions pourtant idéales ; le jeune attaquant sénégalais étant apparu sur la pelouse après la blessure de Diallo contractée visiblement à la suite de la célébration de son but devant la Tribune Ouest (10ème). Entre temps, les Sudistes s’étaient tout de même procuré deux énormes occasions par le biais de Sylla (24ème) et Vainqueur (32ème) mais Oukidja sortait le grand jeu en détournant en corner à chaque fois. Qu’importe, puisque jusqu’alors, le système en 4-3-2-1 établi par l’entraîneur grenat fonctionnait à merveille avec un duo Traoré/Gakpa étincelant à la création du jeu…

 

buteurs

Au retour des vestiaires, les deux changements contraints par les pépins physiques de Diallo et Nguette se font clairement ressentir. Alors que les hommes d’Alain Casanova prennent le contrôle du jeu à mesure que les minutes s’égrènent, les Messins tiennent bon en faisant preuve d’un courage et d’une détermination de tous les instants pour maintenir leur cage inviolée. A l’instar de Oukidja, notamment, encore décisif sur sa ligne pour repousser une reprise de volée magistrale de l’excellent et virevoltant Gradel (56ème) à la suite d’un service parfait d’un certain…Dossevi. Le TFC, qui affiche un visage hyper séduisant sera finalement récompensé tardivement de son entreprise à l’entrée des 16 mètres. En effet, il faudra attendre les 5 dernières minutes pour que les entrées en jeu simultanées de Said, Sanogo et Koulouris -cela en fait des arguments offensifs sur le banc ! – fassent la différence. Alors que le FC Metz n’en finit plus de reculer jusqu’à ses derniers retranchements, la fraîcheur de Said contraste avec le laxisme dans l’axe messin sur le centre au cordeau de Gradel et voilà que les Grenats ont tout gâché… (1-1, 85ème).

 

Mais comme le Football n’est pas une science exacte, Metz se verra accordé un penalty par le VAR -alias l’assistance vidéo à l’arbitrage- qui sanctionnera logiquement une main de Amian dans la surface de réparation, à peine une minute après l’égalisation. En l’absence de Diallo, c’est Niane qui transformera la sentence d’un plat du pied parfait (2-1, 90ème), alors que se profilent 7 minutes de temps additionnel, ni plus ni moins… Les Grenats ayant retrouvé un minimum de maîtrise, ils manqueront la balle de match lorsque, bien servi, Niane appuiera un peu trop sa tentative qui filera à quelques millimètres seulement de la lucarne de Reynet (90ème+4). Rédhibitoire. Car sur l’action suivante, c’est bien Toulouse qui se présentera pour la énième fois dans la zone de vérité messine. Excellent depuis son entrée, l’avant-centre grec Koulouris profitera d’un caviar d’un autre entrant, Sanogo, pour crucifier 11 Messins et plus de 15 000 âmes dans un stade St-Symphorien qui s’éteindra aussitôt. La dure loi du Football où rien n’est jamais acquis.

 

Bilan de la semaine : Metz a pris 4 points sur 9, a déçu dans un premier temps, s’est arraché dans un second, et a finalement procuré un plaisir éphémère, sans lendemain. Malgré tout, son coach semble (enfin) avoir trouvé une formule intéressante dans un schéma tactique qui correspond relativement bien aux qualités des joueurs à disposition. Il y a vraiment de quoi faire cette saison…

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Oukidja (7) : trois arrêts salvateurs à bout portant (24ème, 32ème, 55ème) ainsi que de nombreuses sorties aériennes pleines d’autorité qui auraient dû permettre au club lorrain de l’emporter, s’il n’y avait pas eu ces arrêts de jeu interminables.
Fofana (7) : après sa sortie maîtrisée à St-Etienne, le jeune défenseur malien a remis le couvert face à Toulouse ; toujours bien placé et réactif, il s’est montré intraitable dans les duels sur sa zone.
N’Doram (7) : précieux dans l’entrejeu, son apport défensif a été d’autant plus remarquable que le milieu de terrain aligné par Hognon présentait moins d’équilibre qu’à l’accoutumée, avec les titularisations de Gakpa et Traoré dès le coup d’envoi.

Les flops :

Delaine (4) : coupable d’une grosse faute en première période, il n’a jamais su se ressaisir, laissant des espaces dans son couloir gauche -même si Nguette ne lui a pas facilité la tâche- sans pour autant être efficace sur le plan offensif.
Ambrose (3) : entrée à la mi-temps des suites de la blessure de Nguette, l’attaquant prêté par Manchester City n’a pas du tout pesé sur le jeu de son équipe : à son actif on ne retiendra qu’un centre dangereux en fin de match…
Nguette (3) : fidèle à lui-même depuis le début de saison, l’attaquant sénégalais n’a pas servi à grand-chose, d’autant plus qu’il s’est blessé au cours du premier acte, à l’instar de Diallo qui, lui, a eu le temps de marquer avant de rapidement laisser sa place.

 

Les statistiques

 

M.D

 

P