[Après-match : FC Sochaux – FC Metz] Trois points c’est tout…

Après deux revers consécutifs, Metz a repris sa marche en avant en allant s’imposer très péniblement à Bonal face à Sochaux (1-2). Pour la manière, on repassera…

 

La composition

 

A quelques jours de la traditionnelle trêve internationale d’octobre, le FC Metz était attendu à Bonal pour y affronter Sochaux, équipe engluée dans les bas-fonds du classement de L2. Une formation sochalienne qui n’a pas eu le bon goût d’accepter la requête de son homologue lorrain pour faire avancer le match au weekend précédent, ce qui aurait permis aux Grenat de pouvoir compter sur l’ensemble de leur effectif Finalement, grâce au travail de Philippe Gaillot, seul Jans était attendu ce lundi avec sa sélection du Luxembourg. Quoi qu’il en soit, le geste (ou plutôt l’absence de geste) du club sochalien à l’égard du FC Metz est somme toute assez incongru et désolant. Pour autant, c’est une équipe messine bien compétitive qui se présente au coup d’envoi. Le 4-3-3 de Frédéric Antonetti se manifeste par quelques changements. Devant composer sans Sunzu, suspendu, Fofana est ainsi reculé d’un cran. Au milieu, c’est Gakpa qui récupère la place laissée vacante dans une position de meneur de jeu reculé. Dans les couloirs offensifs, Nguette retrouve sa place au détriment de Rivière. On notera par ailleurs la rechute de Maiga dans le cadre de sa remise à niveau.

 

Le film du match

 

Passée une entame assez rythmée de la part des 22 acteurs, les deux équipes se neutralisent. Si le FC Metz tente sans trop de succès de combiner au sol en cherchant rapidement les milieux offensifs, les locaux éprouvent de réelles difficultés à mettre en place un jeu qui consiste essentiellement à chercher la profondeur en sautant les lignes. Il faudra attendre un moment avant de voir les Lionceaux s’infiltrer pour la première fois aux abords de la surface messine. Après un bon débordement côté gauche, Sané obtient un bon coup franc suite à une faute de Rivierez mais le ballon est dévié en corner, sans suite (24ème). Sur l’action qui suit, Diallo est tout proche de conclure aux vingt mètres mais sa tentative est dévissée (25ème) avant que Gakpa, quelques instants plus tard, ne décoche une superbe frappe puissante, qui fuit de peu la lucarne de Prévot (26ème). La partie commence enfin à s’emballer lorsque Boye reprend involontairement le cuir dans sa surface, lequel heurte le poteau gauche d’Oukidja, qui semblait battu (28ème). Puis, les débats se rééquilibreront jusqu’à la mi-temps, faute de qualité technique suffisante de la part des deux formations. Le nul provisoire est aussi logique que triste.

 

Le deuxième acte redémarrait dans des conditions similaires au premier. Les deux équipes connaissent toujours autant de déchet technique dans une partie qui demeure plutôt rythmée. Dans l’intensité des duels, Nando est servi dans la surface avant de tenter sa chance en pivot mais Boye contre le ballon…de la main, par deux fois. L’arbitre ne bronche pas (54ème). Quelque peu revigorés, les Grenat parviennent enfin à déployer une séquence de jeu intéressante : après un beau mouvement, Delaine déborde côté gauche avant de centrer en première intention au second poteau à destination de Diallo qui dévie vers Boulaya, lequel décoche rapidement après un passement de jambe pour trouver la lucarne de Prévot, côté fermé (0-1, 55ème). Un instant plus tard, à la fois Diallo et Boulaya manqueront l’occasion de doubler la mise seuls face à Prévot (57ème). A la suite d’un corner sochalien mal exploité, le ballon repénètre dans la surface messine où Fofana se fend d’un raté considérable à la suite duquel Oukidja s’interpose face à Demirovic, le déséquilibrant par la même (63ème). Nouveau fait de jeu litigieux en la faveur des hommes de Frédéric Antonetti. Alors que les Doubistes ont décidé de prendre des risques offensivement, Gomes part à l’abordage côté gauche avant de centrer dans le paquet : Rivierez, sur la trajectoire du ballon, dévie alors malencontreusement le cuir dans ses propres filets avec l’aide du poteau (1-1, 70ème). Les Messins semblent alors dans de beaux draps. D’autant plus que Sochaux et Demirovic ont décidé de mettre les bouchées doubles dans les tentatives (73ème). C’était sans compter la force mentale du groupe mosellan. A la suite d’un superbe débordement côté gauche, Delaine s’infiltre dans la surface avant d’être fauché par M’Bakata : c’est penalty. A ce jeu, Nguette transformera parfaitement la sentence d’un plat du pied (1-2, 78ème). Metz reprend ainsi l’avantage qu’il avait logiquement perdu quelques minutes plus tôt. Forcément dépités, les Lionceaux font preuve de générosité dans les efforts pour tenter de revenir au score. Sur un tacle non maîtrisé sur Nguette, Gomes laissera alors ses partenaires à dix (80ème). Dans les ultimes instants de la partie, ni Boulaya (88ème), ni Rivière (89ème) ne parviendront à aggraver le score malgré des situations de contre incroyables. Un score qui ne bougera plus malgré la furie des locaux et la maladresse de l’arrière-garde messine (90ème +5).

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Delaine (6) : en difficulté parfois défensivement notamment en première période, il est peu à peu monté en régime pour finalement faire la différence dans son couloir en fin de match et obtenir un penalty capital.
Boulaya (6) : le seul attaquant messin capable de mettre en danger l’arrière-garde sochalienne au cours du premier acte, il s’est ensuite illustré au travers d’un superbe enchaînement crochet/frappe dans la lucarne en seconde.
Cohade (6) : particulièrement accrocheur et au point physiquement, il a parfaitement rempli son rôle de ratisseur et de dynamiseur dans l’entrejeu.

Les flops :

Boye/Fofana (4) : une soirée à oublier pour la charnière centrale qui vivait sa deuxième titularisation de la saison ; beaucoup de déchets et d’approximations techniques qui auraient pu coûter cher à l’équipe.
Rivierez (3) : si le latéral droit messin est globalement fiable défensivement, il n’en demeure pas moins que sa présence dans le onze peut constituer un problème à long terme tant sa qualité technique fait défaut ; en l’espèce, une mauvaise lecture de trajectoire du ballon l’a fait commettre l’irréparable, heureusement sans conséquence.
Oukidja (3) : à l’instar de Rivierez, ses ratés sont restés impunis -à la fois par Sochaux et l’arbitre- ; si le portier mosellan est déresponsabilisé sur le but encaissé, il faudra peut-être songer un jour à remettre en cause sa place de titulaire tant l’ex-Strasbourgeois a tendance à commettre des bourdes énormes et à mettre ses partenaires en difficulté.

 

L’analyse

 

Metz peut pousser un ouf de soulagement. Non content d’avoir pu renouer avec la victoire, il a su mettre un terme à un début de spirale négative qui, malgré tout, commençait à peser dans les têtes mosellanes. Certes, on pourra reprocher à l’équipe messine le fait de l’avoir emporté de façon assez étriquée. Mais il y a bien des victoires qui s’acquièrent sans la manière. Au moins, le club à la Croix de Lorraine s’est redressé rapidement du double faux pas dans lequel il s’était inconfortablement glissé.

Certainement aussi que l’arbitrage a pu influencer (en partie) l’issue finale de la rencontre puisque au moins deux penaltys auraient pu (dû) être sifflés en la faveur de Sochaux. Cela reste « des faits de match », se contentait de rappeler un Frédéric Antonetti peu désireux d’épiloguer sur le sujet en conférence d’après-match. Toujours est-il que les supporters peuvent être soulagés que Oukidja ait pu terminer la partie sur le terrain -et sans concéder le moindre penalty- tant le portier lorrain a fait preuve de maladresse en plus de cultiver une certaine tendance à la simulation qui pourrait lui porter préjudice à l’avenir. Il ne serait guère surprenant de voir Delecroix débuter davantage de matchs si les prestations médiocres du gardien algérien venaient à s’enchaîner, dans un futur proche.

En attendant, les Grenat ont eu le bon goût de réenclencher rapidement leur marche en avant. En effet, tous les poursuivants ont connu le chemin de la victoire ce week-end (Lens, Lorient, Brest et Niort). Un championnat qui devrait visiblement tenir toutes ses promesses en termes de suspense. Car non, Metz n’est pas tout à fait parti pour dominer largement la Ligue 2, en dépit de son début de saison très satisfaisant sur le plan comptable. Les promus au mois de mai auront été « les plus réguliers sur l’ensemble du marathon », rappelle Antonetti. Rien ne sert de courir finalement. Il faut partir à point.

 

M.D

P