Après-match LOSC – FC Metz : Parti pour rester parmi l’Elite

Extrêmement costauds et réalistes, les Grenats ont signé dans le Nord leur première victoire en 2017 hors de leurs bases (0-2). Une jolie performance synonyme de maintien en L1…

 

Le onze

 

A l’occasion de cet avant dernier déplacement de la saison, le FC Metz se rend au stade Pierre-Mauroy pour y affronter le LOSC, première victime dans la saison des Grenats début août 2016. Un match qui s’annonce compliqué sur le papier compte tenu des absences de marque côté mosellan. Et pour cause, le derby lorrain remporté au forceps par les hommes de Philippe Hinschberger a laissé des séquelles physiques assez profondes à l’encontre de plusieurs joueurs cadres messins. Jouffre, Doukouré et Balliu blessés et Diabaté malade, sont ainsi indisponibles, tandis que Erding est écarté au même titre que Signorino. Le onze messin s’articule ainsi une nouvelle fois autour de son portier japonais Kawashima, préféré à Didillon en cette fin d’exercice. Assou-Ekotto, Falette et Bisevac sont accompagnés par Rivierez pour la ligne défensive. Dans l’entrejeu, Mandjeck retrouve sa place au côté de Fallou. Devant, Nguette et Sarr sont reconduits sur les ailes tandis que Cohade est placé en soutien de Vion, titulaire surprise.

 

La première période

 

Une rencontre qui débute sur un rythme peu soutenu, les deux équipes se neutralisant notamment au milieu de terrain. Suite à un corner lillois bien repoussé, les Messins amorcent une première contre-attaque éclair qui voit Nguette effectuer le mauvais choix en servant Vion maladroitement sur sa droite, oubliant Sarr, certainement mieux placé pour le coup (2ème). Les locaux vont réagir en obtenant plusieurs corners automatiquement repoussés par l’arrière-garde messine. Les rares tentatives du LOSC ne sont pas plus dangereuses et fuient souvent le cadre de plusieurs mètres, en témoigne les tentatives de De Préville et Xeka du pied (4ème et 14ème) et de Basa de la tête (17ème). Un match extrêmement fermé dans lequel seuls les coups de pied arrêtés apparaissent comme une solution potentielle pour insuffler le danger. C’est à ce jeu que les Grenats se montrent le plus à l’aise. Suite à une faute sur Sarr, Cohade enveloppe un coup franc intéressant aux trente mètres mais Maignan capte sans souci (29ème). Un nouveau coup de pied arrêté botté par Cohade oblige Maignan à intervenir dans les airs (33ème). Mais les Messins qui se montrent de plus en plus insistants vont être récompensés avant la pause grâce à une phase de jeu statique. Assou-Ekotto enroule parfaitement un énième coup franc côté gauche sur lequel la défense lilloise cafouille, Mandjeck le plus prompt ouvre le score d’un plat du pied salvateur (0-1, 36ème). Pas de quoi s’emballer donc, sur une première mi-temps globalement très faible sur le plan du jeu et de l’inspiration collective des deux équipes.

 

La seconde période

 

De retour des vestiaires, les Nordistes sont toujours aussi peu fringants dans le jeu et c’est bien Metz qui prend les opérations à son compte. Après avoir rapidement obtenu un corner dès l’entame, les protégés de Philippe Hinschberger vont avec une certaine facilité contrer les velléités de Lille, qui entreprend beaucoup mais n’inspire ni crainte, ni danger dans la zone de vérité. L’unique (et seule) opportunité des locaux est due à un débordement de Corchia côté droit qui profite de la glissade de Assou-Ekotto pour pénétrer dans la surface messine mais son centre ne trouve pas preneur (51ème). Les visiteurs, bien décidés à enfoncer le clou face à un adversaire aussi moribond, ont le bon goût de réaliser le break grâce à Cohade qui, héritant d’un beau renversement de jeu de Rivierez de la droite vers la gauche au sol, fixe et repique dans l’axe avant de décocher une frappe somptueuse qui fait trembler les filets avec l’aide du poteau (0-2, 56ème). Le coup est parfait. Les joueurs lillois, complètement hors du coup, vont inciter Franck Passi à effectuer dans la précipitation ses trois changements juste après l’heure de jeu. Sans grande réussite. Les Nordistes multiplient les corners obtenus à défaut de semer l’anxiété dans les trente derniers mètres. En fin de rencontre, les Grenats en profitent pour accélérer par le biais de Sarr qui trouve Cohade dans l’axe, le meneur de jeu décale intelligemment Vion sur sa droite mais l’avant-centre perd son duel seul face à Maignan à bout portant (80ème). Le LOSC qui n’a pas cadré une seule frappe est ainsi tout proche de la correctionnelle. Les Lorrains vont gérer sereinement cette fin de rencontre pour empocher pour la première fois en 2017 un succès à l’extérieur.

 

Les notes des joueurs

 

Kawashima (6) : promu dans les cages depuis la réception de Paris, le portier nippon a su saisir sa chance, faisant preuve d’une grande sobriété et d’un calme rafraichissant sur sa ligne et dans les airs.

Assou-Ekotto (6) : le latéral gauche a su réitérer sa belle performance fournie dans le derby ; concentré et tonique, il a relativement bien maîtrisé les montées de Corchia notamment dans son couloir.

Bisevac (6) : le patron de la défense messine est apparu conquérant en tout point, que ce soit dans le domaine aérien ou dans les interventions au sol.

Falette (6) : à l’instar de Bisevac, le solide gaucher a démontré beaucoup de sang froid dans ses interventions et n’a été quasiment jamais mis en difficulté.

Rivierez (6) : un match très satisfaisant du latéral droit, de retour dans l’équipe avec la blessure de Balliu, il s’est révélé très propre défensivement et s’est même fendu de quelques apparitions dans le camp adverse en seconde mi-temps.

Mandjeck (7) : sa complémentarité physique et technique au côté de Diagne lui permet d’occuper un peu plus le devant de la scène et de démontrer ses qualités de percussion ; par ailleurs auteur de son troisième but de la saison.

Cohade (7) : le meneur de jeu lorrain a une fois de plus fait étalage de son volume de courses et de jeu ; son exigence à la fois physique et technique le hisse comme LE joueur indispensable de l’équipe, son état d’esprit irréprochable l’a même récompensé par un premier but.

Diagne (6) : à l’image de son compère Mandjeck, le milieu de terrain a livré une belle copie, faisant preuve de beaucoup de tranquillité dans l’entrejeu face à une pâle équipe lilloise.

Nguette (5) : l’unique satisfaction messine sur le front de l’attaque ; en jambes et percutant balle au pied, l’ailier aurait être décisif si ses coéquipiers n’avaient pas effectué les mauvais choix.

Sarr (4) : une prestation décevante compte tenu de ce qu’il est capable de réaliser individuellement lorsqu’il a le ballon dans les pieds ou dans l’espace ; un jour « sans » peut malgré tout arriver après une saison fastidieuse.

Vion (4) : à son actif, des efforts certains et une activité intéressante ; mais l’attaquant n’a pas su faire preuve d’adresse que ce soit dans l’avant ou le dernier geste.

 

L’analyse

 

Dans une partie où les Messins ont figuré comme l’acteur principal, validé une prestation de haute volée en s’imposant avec la manière sans concéder la moindre occasion, et en acquérant définitivement leur maintien parmi l’Elite, on peut clairement établir que le FC Metz a su avec brio joindre l’utile à l’agréable. Une véritable délivrance pour tout un peuple grenat qui va désormais prendre le temps de savourer.

Philippe Hinschberger, le metteur en scène, pourra aisément ressortir la formule spéciale du légendaire Guy Roux qui énonce que « tant qu’on n’a pas 42 points, on ne sera pas tranquille ». Cette fois-ci c’en est réglé. Finis les calculs. Terminées les opérations mathématiques hasardeuses car désormais le FC Metz est passé outre. Il s’est offert pour la première fois depuis 2011 le luxe de pouvoir goûter une seconde saison d’affilée dans la même division. Le club à la Croix de Lorraine serait donc parti pour durer au sein de l’Elite du football français. Une destinée qui aurait pu être tout autre…

D’aucuns ici sauront se remémorer dans quelle circonstance (hallucinante) les Grenats sont parvenus à s’extirper de l’antichambre de la L1. Une bénédiction qui relève d’un double miracle survenu en cette fameuse soirée du vendredi 13 mai 2016, lorsque Metz survécut à ce qui aurait pu (dû) devenir le cauchemar de Bollaert en même temps que l’historique allié havrais massacrait son adversaire et s’accordait le droit de rêver à l’offrande du Ciel. Il n’était qu’une question de temps. Sans doute quelques secondes de plus et le FC Metz aurait laissé filé cette incroyable opportunité de se représenter à nouveau auprès de cette L1 qui lui est si chère.

Si l’on remonte dans l’histoire, il y a exactement 50 ans, le club de Carlo Molinari arrachait in extremis son ticket pour la Première division. S’ensuivra 35 saisons parmi l’Elite sans fausse route, aucune. Tout porte à croire que ce nouveau billet estampillé L1 n’était qu’un aller simple. Comme si les Grenats avaient enfin rompu avec leur destinée pour s’installer durablement en première classe…

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