[Après-match : OGC Nice- FC Metz] Un partage frustrant

Le FC Metz a bouclé une semaine éprouvante par un voyage en Côte d’Azur qui l’a vu tenir en échec le leader de la L1 Nice (0-0). Un match nul extrêmement cher payé compte tenu du visage séduisant affiché par les Grenats…

 

Le onze

 

Le périple du championnat reprend ses droits à l’occasion de cette 20ème journée qui voit la lanterne rouge Metz rendre visite chez l’étonnant leader niçois, à l’Allianz-Riviera. Pas question pour Philippe Hinschberger de chambouler son groupe qui a plus ou moins su contenir l’armada du PSG, quelques jours plus tôt en CDF (2-0 suite à deux corners). Dans l’optique d’annihiler le collectif azuréen, le tacticien lorrain décide de renforcer son milieu de terrain en optant pour une sorte de 4-5-1 modulable en phase offensive. Didillon retrouve par la même sa place dans les cages, la ligne de défense demeure elle inchangée par rapport au match à Paris (Signorino-Falette-Milan-Balliu). Dans l’entrejeu, Fallou est titulaire pour la première fois en position de pur n°6, avec à ses côtés Philipps et Cohade. Pour animer l’attaque messine, Nguette et Mollet sont reconduits en positions d’ailiers alors que Diallo évolue seul en pointe. Le FC Metz se retrouve par ailleurs amputé de nombreux titulaires : aux absences pour cause de la CAN s’ajoutent les indisponibilités chroniques de Erding et Jouffre, alors que Diabaté et Hein sont sur le carreau. De l’infirmerie, la seule bonne nouvelle provient du retour dans le groupe du capitaine Lejeune.

 

La première période

 

Le FC Metz avait bouclé la phase aller du championnat fin décembre sur une égalisation arrachée en toute fin de rencontre à St-Symphorien contre Guingamp (2-2). C’est exactement sur ce même rythme soutenu que les joueurs du club à la Croix de Lorraine ont attaqué la rencontre sur le terrain du leader. Manifestement, les Grenats affichent des ambitions réelles à l’image du pressing effectué d’entrée de jeu. Celui-ci va permettre aux Messins d’allumer les premières brèches : Philipps (7ème), Mollet (10ème) et Diagne (12ème). Inspirés, les Grenats sont proches de l’ouverture du score suite à la percée de Nguette balle au pied, qui efface deux niçois avant de voir son tir à ras de terre bien stoppé par Benitez (15ème). Après vingt bonnes minutes, les Aiglons prennent peu à peu l’ascendant dans le jeu et se procurent deux situations par Koziello (36ème) et Souquet (40ème) mais leurs tentatives ne sont pas cadrées. La seule véritable occasion de l’hôte est consécutive à un corner où l’astucieuse déviation en Madjer de Baysse surprend tout le monde…sauf Balliu qui dégage sur sa ligne (42ème). Les vingt-deux acteurs regagnent les vestiaires sous la déception manifeste du public, sans doute étonné de voir son habituelle séduisante équipe tomber dans la difficulté face au dernier de la classe.

 

La seconde période

 

Alors que l’OGC Nice s’attend à retrouver un visage plus conquérant en deuxième mi-temps, l’emprise physique déployée par les protégés de Philippe Hinschberger semble s’accentuer. Au point que les Azuréens ne parviennent décidément pas à déployer leur jeu léché à bases de transmissions courtes au sol. Les Messins sont les premiers à se montrer dangereux par Cohade qui se fend d’un enchaînement contrôle-frappe à bout portant mais le gardien niçois est à la parade (49ème). Ce même Cohade mène alors la vie dure à ses adversaires en étant à l’origine de plusieurs mouvement collectifs messins : un coup franc qu’il tire trouve astucieusement Mollet en retrait mais sa frappe est manquée (58ème), un joli centre trouve la tête de Diallo qui ne parvient pas à cadrer (62ème). La plus grosse opportunité est pourtant niçoise : l’accélération de Pereira côté droit lui permet de servir enfin Pléa dans le dos de la défense mais sa frappe est légèrement trop croisée pour surprendre Didillon (68ème). S’ensuit un centre de Balliu repoussé par l’arrière-garde niçoise mais Fallou parvient tout de même à tenter sa chance, sans succès (70ème). La fin de match est totalement à l’avantage des Grenats qui s’offrent leur dernière opportunité par Vion qui hérite du cuir suite à un corner mais sa frappe passe au-dessus (83ème). Sans réussite. Le FC Metz n’a pas démérité, loin s’en faut, cela s’avère pour autant insuffisant pour espérer mieux dans un championnat aussi dense que la L1.

 

Les notes des joueurs

 

Didillon (6) : une prestation solide du gardien -qui n’avait plus gardé sa cage inviolée depuis la 12ème journée- en témoigne sa vigilance sur sa ligne et une certaine maîtrise retrouvée dans les airs.

Signorino (6) : le latéral gauche a réalisé un match très propre, solide défensivement, il est même l’auteur de quelques belles montées sur son flanc gauche.

Milan (5) : un match correct du défenseur argentin qui a su contenir notamment le virevoltant Pléa, coupable cependant de quelques fautes de placement évitables dans son camp.

Falette (5) : à l’instar de Milan, il a réalisé un match sérieux, a su diriger sa défense tout le long du match mais sa relance laisse parfois à désirer.

Balliu (7) : très certainement le meilleur Grenat cet après-midi avec Fallou, il a témoigné d’une activité incessante dans son couloir droit en multipliant les centres et les redoublements, omniprésent dans le jeu de son équipe, donc.

Philipps (5) : légèrement moins en vue qu’au Parc des Princes quelques jours plus tôt, il a tout de même bien ratissé au milieu avec Fallou et Cohade mais sa capacité de relance demeure trop souvent approximative.

Fallou (7) : pour son retour dans son club formateur, le milieu de terrain a réalisé une grosse performance dans l’entrejeu en position de véritable 6, contribuant ainsi grandement à l’équilibre de l’équipe. Très prometteur.

Mollet (6) : une nouvelle fois aligné sur le côté gauche de l’attaque messine, l’ex-cristolien a beaucoup apporté dans le jeu de son équipe et multiplié les redoublements avec ses latéraux, sa capacité de percussion et son habileté sur les coups de pied arrêtés en fait un atout considérable.

Cohade (7) : à l’image de Mollet, le milieu relayeur a délivré une prestation emplie d’intensité, sa belle activité et son courage à la récupération aurait dû le récompenser d’un but suite à sa frappe repoussée par Benitez.

Nguette (5) : très en vue en première période en témoigne ses nombreuses percées balle au pied et ses « skills » dont il a le secret, il s’est peu à peu éteint en seconde mi-temps et son manque de lucidité dans les trente derniers mètres lui fait défaut. En progrès, toutefois.

Diallo (4) : l’avant-centre du jour s’est beaucoup démené notamment en première mi-temps mais il lui manque toujours ce soupçon d’adresse devant le but pour concrétiser ses bons mouvements.

 

L’analyse

 

Il n’aura finalement guère manqué qu’un but aux Grenats pour entamer sereinement sa phase retour. Car la jolie partition orchestrée par le FC Metz aurait pu (dû) combler de bonheur l’ensemble du peuple messin sans ce cruel désaveu offensif démontré tout le long de la rencontre. Un manque de réussite flagrant dans les trente derniers mètres auquel pourraient certainement y remédier des atouts de poids tels que Erding ou Diabaté, malheureusement indisponibles en ce début d’année. Du reste, l’équipe de Philippe Hinschberger a intégralement réussi son match. A tous les niveaux. Voilà qui est suffisamment rare pour être souligné tant il a régulièrement été reproché au groupe messin de faire preuve d’insuffisance à la fois tactique et physique en cours de match.

Elle est en effet parvenue à bousculer physiquement le milieu des Aiglons en début de rencontre et pendant l’intégralité de la seconde mi-temps. Elle a su également faire le dos rond pendant le temps fort des niçois sur les vingt dernières minutes de la première mi-temps. Sans trembler. Sans perdre confiance malgré les quelques maladresses techniques et de placement habituelles.

Un résultat nul, bien que plaisant car rassurant étant donné le contexte, ne suffit certainement pas pour recoller au peloton de bas de tableau. D’autant plus que tous les concurrents en difficulté ont pris des points (Nancy, Lorient, Caen, Nantes ont gagné tandis que Angers, Montpellier et Dijon ont arraché le nul). Mais cette fois-ci, la physionomie du match constitue une solide base de référence pour la suite du programme. Pour sûr, si les Grenats affichent une telle volonté de combattre ensemble et de produire du jeu vers l’avant sans aucune forme de complexe, le chemin de la victoire devrait très vite revenir au goût du jour.

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