Après-match : OL – FC Metz – Pas de caractère, pas d’identité

Comme à l’accoutumée, les Grenats sont allés récupérer leur habituelle valise à l’extérieur face à un cador du championnat. En cruel manque d’inspiration et de cohésion collective, le FC Metz s’est incliné au Parc OL (5-0) sans avoir cru une seule seconde en ses chances…

 

Le onze

 

C’est doté d’un effectif largement diminué que Philippe Hinschberger et son staff technique ont dû œuvré à l’aube de ce déplacement au Stade des Lumières. Le club à la Croix de Lorraine est en effet attendu dans le Rhône pour disputer le match retour contre L’Olympique Lyonnais avant même d’avoir pu régler ses comptes du match aller. La tâche s’annonce ardue tant les éléments sont particulièrement ambivalents ces temps-ci. Ou plutôt, l’effectif messin semble de nouveau en net essoufflement après cette embellie du début d’année en championnat. S’il est de coutume de rappeler que « les absents ont toujours tort », on peut d’ores et déjà établir le parallèle avec le groupe grenat, bien trop souvent décimé ces derniers temps. Parmi les titulaires en puissance, Assou-Ekotto, Rivierez, Cohade, Jouffre, Sarr, Hein, Diabaté brillent par leur absence. Du côté des surprises, Hinschberger décide de convoquer le jeune milieu de terrain Maziz, mais il ne s’agit pas là de la plus belle nouvelle de la semaine. Le prometteur latéral gauche Udol, parfaitement remis de sa longue blessure au ligament -qui l’a tenu éloigné des terrains depuis une rencontre amicale face à Seraing le 19 juillet dernier-, est enfin apte à jouer.

 

La première période

 

Dès l’entame de match, les Messins se montrent à leur avantage et après une petite minute, Vion parvient à accélérer côté droit pour délivrer un véritable caviar devant le but que manque inexplicablement Mandjeck à moins d’un mètre de la ligne (1ère). Voilà qui pourrait laisser de gros regrets aux joueurs lorrains. Les Grenats sont plutôt bien organisés en ce début de rencontre et parviennent à poser le pied sur le ballon. A la suite d’une belle séquence de possession, Signorino, bien décalé côté gauche, parvient à centrer devant la cage de Lopes mais aucun attaquant messin n’est à l’affut (8ème). Les locaux se montrent toutefois dangereux à chaque fois que les joueurs de couloirs sont trouvés. Fekir profite d’une perte de balle de Mandjeck pour tester Didillon, bien vigilant (10ème). Les Lyonnais combinent souvent avec aisance mais pêchent dans l’avant dernier geste alors que les protégés de Hinschberger s’attèlent à bien défendre pour mieux gicler en contre-attaque, à la moindre opportunité. Suite à une faute de Fallou dans les 25 mètres, Depay botte un coup franc puissant qui file au-dessus du but messin (22ème). Les Lyonnais accélèrent par le biais de Fekir et Lacazette dont le une-deux prend à défaut la défense messine ainsi que Didillon mais la conclusion précipitée de Depay est dévissée (24ème). Désormais, les Grenats sont placés très bas sur le terrain ce qui fragilise l’arrière garde, à l’image de Tolisso qui peut armer à une vingtaine de mètres une frappe qui est stoppée par le portier lorrain (28ème). Côté messin, seul Vion parvient à tirer son épingle du jeu. A la suite d’un coup franc qu’il a provoqué, Doukouré se retrouve seul plein axe à l’entrée des 18 mètres mais son tir enroulé ne trouve pas le cadre (31ème). Toujours à l’assaut de la cage messine, Jallet effectue une merveille d’ouverture vers Cornet côté droit, mais le centre fort de l’ex-messin ne trouve personne au second poteau (38ème). Les locaux vont enfin concrétiser leur domination suite à une superbe combinaison Tolisso/Lacazette qui aboutit à la tentative du second nommé sur le poteau, mais Depay a bien suivi (1-0, 43ème). Les Messins sont ainsi punis au plus mauvais moment. Terriblement frustrant si l’on considère que la plus belle occasion est à mettre à l’actif du FC Metz d’entrée de jeu. « Miraculeux », comme le qualifie à juste titre l’entraîneur lyonnais Bruno Genesio pour son équipe.

 

La seconde période

 

En cette deuxième mi-temps, on voit toujours aussi peu de mouvements de la part des Mosellans. Trop peu de solutions apportées au porteur du ballon, ce qui contraste avec cette volonté des Olympiens de combiner ensemble. Les Messins sont clairement en dedans : Depay qui provoque côté droit perd le ballon mais le récupère aussitôt dans les pieds de Doukouré pour déclencher une belle frappe croisée sur laquelle Didillon ne peut que constater les dégâts (2-0, 53ème). Quel manque d’agressivité et de caractère sur ce but ! Et voilà que ça défile devant le but messin : Tolisso, bien servi par Lacazette arme une lourde frappe cadrée mais Didillon est à la parade (59ème). Passé ce quart d’heure décisif pour l’OL, les Messins vont reprendre une petite bouffée d’oxygène grâce au relâchement des locaux. Erding est servi intelligemment par Mandjeck mais ne cadre pas à bout portant dans son duel avec Lopes (61ème). Suite à un coup franc excentré côté droit, Doukouré enroule bien son ballon mais Lopes se détend magnifiquement (72ème). Sur un long ballon, Depay veut servir en retrait Lacazette mais Balliu est sur la trajectoire et trompe son propre camp… (3-0, 73ème). Décidément, quand rien ne veut sourire… Mais le supplice ne s’arrête malheureusement pas là : Lacazette réalise un véritable festival dans la surface en multipliant les feintes avant d’envoyer un missile du pied gauche dans la lucarne du misérable Didillon (4-0, 78ème). Quand le cauchemar tourne à l’humiliation… L’OL est d’ailleurs tout proche de scorer sur le coup d’envoi mais Depay manque sa tentative devant Didillon (79ème). Le portier mosellan démontre encore son degré de vigilance sur Ghezzal alors que ce dernier se présente seul devant lui (84ème). La cerise est même habilement placée sur le gâteau avec ce petit lob astucieux de Valbuena après une énième bourde de relance messine (5-0, 90ème+2). La fessée habituelle, en somme.

 

Les notes des joueurs

 

Didillon (5) : dans une rencontre où l’adversaire a joué le match le plus souvent dans les 30 derniers mètres, il a su sauver à plusieurs reprises les siens, si bien que sa mauvaise relance au pied coûte le dernier but ; impuissant toutefois sur chacun des 4 autres buts encaissés.

Signorino (4) : le latéral gauche a souffert dans son couloir face à la vivacité des attaquants adverses, il n’a rien apporté offensivement si ce n’est un centre en première période.

Bisevac (6) : le patron de la défense messine a tenté de surnager au sein d’un collectif aux abonnés absents tout le long de la rencontre ; sauf qu’il est difficile de jouer les pompiers de service tout seul.

Falette (5) : un match courageux du défenseur central qui a fait ce qu’il a pu avec Bisevac pour sauver son camp, en vain.

Balliu (4) : une première période où il s’est plutôt bien démené face aux fulgurances des ailiers lyonnais, mais il a pris l’eau en seconde, à l’image de ce but inscrit contre son camp.

Mandjeck (3) : le milieu de terrain est coupable de ne pas marquer sur cette incroyable opportunité au bout d’une minute de jeu, par ailleurs, il est l’auteur de nombreuses pertes de balles dangereuses et d’un festival de mauvais choix dans la relance.

Fallou (3) : à l’image de Mandjeck, il n’a pas eu l’apport escompté à ce niveau et s’est même complètement éteint en cours de seconde période.

Doukouré (5) : des trois du milieu, c’est certainement celui qui a eu le plus gros volume de course et de jeu, bien présent à la récupération, il a failli quelque fois dans la relance mais on retiendra cette frappe dangereuse en première période et ce joli coup franc lors du second acte.

Vion (5) : à l’instar de Doukouré, il est l’un des rares à avoir eu un certain impact dans le jeu de son équipe, après une bonne première période, il a toutefois disparu des radars passée la pause.

Mollet (3) : régulièrement appelé à jouer sur un côté alors que ça n’est définitivement pas son poste de prédilection, l’ailier n’a pas semé une seule fois le danger dans le camp adverse.

Erding (3) : comme à Monaco, l’avant-centre messin n’a pas su concrétiser la seule opportunité qu’il s’est créée, par ailleurs, il n’a que très peu existé dans cette rencontre.

 

L’analyse

 

Lorsque la résignation prend le meilleur sur le collectif, il y a de quoi se poser un certain nombre d’interrogations. Car si les choix sportifs peuvent s’avérer discutables, l’envie d’aller de l’avant, l’agressivité, le caractère sont autant de valeurs que l’on ne peut négliger à ce niveau, chez un promu. Incontestablement, les hommes de Philippe Hinschberger ont failli dans tous ces domaines, cet après-midi.

On retiendra déjà forcément ce raté inexplicable d’entrée de jeu qui aurait dû placer les Messins sur orbite. Au lieu de cela, les Grenats ont encore eu le mauvais goût de se tirer une balle dans le pied. De faire les choses à contresens. Dans le football, il est coutume de rappeler que « une équipe est toujours le reflet de son entraîneur ». Puisque Philippe Hinschberger ne croit que très peu en la qualité intrinsèque de ses joueurs…ces derniers lui rendent bien cette confiance.

On dirait bien qu’une fois de plus, le meneur d’homme des Lorrains s’est planté dans la préparation de ce match. L’excuse des absences, de la malchance, de la supériorité de l’adversaire ne passe définitivement plus, ni auprès des joueurs et du staff, encore moins chez les supporters.

Le constat peut paraître sévère, mais il ne s’agit certainement pas de la première fois que le FC Metz part battu avant même d’avoir pénétré sur la pelouse. Le problème réside certainement dans les têtes. Le groupe mosellan doit et est capable de beaucoup plus. Il est malheureusement habité d’un inquiétant complexe d’infériorité, auquel son entraîneur n’est indubitablement pas étranger. Reste à espérer que M. Hinschberger ne réalise pas l’impasse lors des prochaines rencontres, sous peine de très vite retrouver la zone des reléguables.

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