[Après-match : OL – FC Metz] Pas logé à la même enseigne

Sans forcément briller par son collectif, l’OL a malgré tout disposé -avec l’aide du corps arbitral- assez facilement de son homologue messin dans une rencontre peu emballante au Parc OL (2-0)…

 

Le débrief

 

Avec un petit coup de pouce (de baguette magique) du destin, il est toujours possible d’atteindre le résultat escompté. Bien des situations peuvent ainsi être débloquées en un claquement de doigt -il faut bien grossir le trait parfois- lorsque les éléments gravitent en sa propre faveur. Aussi, on comprend mieux pourquoi ceux qui disposent du pouvoir et de l’argent ont intrinsèquement plus de faculté à réussir quand, a contrario, les moins nantis ne sont rarement aidés, sinon jamais. Il va de soi qu’on ne prête qu’aux riches. Un dicton qui prend tout son sens également dans le monde du sport -y compris et surtout dans ce foot business en particulier- qui ne saurait déroger à cette règle de vie des plus primaires. Tout cela peut donc aisément expliquer pourquoi lors d’un Lyon-Metz, aussi crucial que vital pour deux équipes toutes deux embarquées dans une situation comptable précaire, l’arbitrage penche nécessairement dans un sens plutôt que l’autre.

Bizarrement, ces décisions s’orientent bien souvent dans le même sens. On a coutume de rapporter -à tort- que le poids des erreurs d’arbitrage s’équilibre sur une saison, or l’on sait très bien que ça ne reflète en aucun cas une réalité. Et pour preuve, les Grenats, très souvent épargnés par les coups de sifflets contraires dans le championnat de L2 de par le statut de cador qu’on leur confère -au même titre que Lens par exemple- se retrouvent incessamment lésés une fois franchi l’ascenseur menant vers l’Elite. Une élite dans laquelle il fait bon vivre lorsqu’on s’appelle PSG, OM, OL ou Monaco. Forcément moins, lorsqu’on arbore la tunique de Metz, Angers ou Dijon… Depuis la nuit des temps, c’est le cas et peut être même davantage encore avec l’apogée du football circus, désormais encadré par la technologie et la vidéo dont l’essence même est précisément d’apporter un support pour éviter, voire supprimer idéalement les manquements liés à l’erreur humaine. Sur le papier, c’est ce qui est vendu, du moins…

Mais le réel problème réside dans la façon d’utiliser cette technologie. Comment expliquer, dès lors, que malgré la mise en place d’un véritable dispositif, d’une armée d’arbitres, d’analystes vidéo ou ce que vous voulez, on se retrouve encore en 2019 dans des situations ubuesques où l’on ne prend même pas le soin de recourir au bienfondé des images pour valider ou invalider une situation litigieuse amenant à un but.

En l’espèce, le FC Metz s’est retrouvé dans une posture assez gênante hier soir, lorsque Cabit, latéral gauche grenat, s’est vu sanctionner d’une faute (et d’un carton jaune au passage) à l’encontre de Depay qui a conduit l’arbitre à siffler -à tort- un pénalty pour Lyon pour ce qui constituera le deuxième but de Dembélé (2-0, 33ème). Alors qu’il y avait clairement litige, M. Hamel, arbitre principal de la rencontre, n’a pas eu le bon réflexe en oubliant d’aller vérifier les images de la VAR (Video Assistance Referee). Ou plutôt, ce sont ses assistants de la VAR qui ont omis de le solliciter, dans ce cas, comment interpréter ce déni de justice ? Tout cela est bien gênant… Un cas d’autant plus malaisant pour les joueurs grenats de Vincent Hognon qu’un instant plus tôt, un corner en leur faveur avait été oublié tandis que les locaux en profitaient pour aller inscrire le premier but de la rencontre, par l’intermédiaire de Depay (1-0, 28ème). Tout cela pèse bien lourd dans la balance. Qui sait ce dont aurait été ultérieurement capable le FC Metz à 0-0 à la pause…

En l’occurrence, il y a lieu de se demander si, en cas de moindre doute de l’arbitre dans une situation analogue contre l’Olympique lyonnais, le corps arbitral aurait procédé de la même manière. Le doute est permis. Certes, la réponse restera en suspens puisque le cas ne s’est pas présenté mais de telles façons de faire incitent à la réflexion. En tout cas, il faut saluer le courage du coach Vincent Hognon pour ses déclarations d’après-match insistant bien sur le bas coup hautement préjudiciable dont a été victime son équipe au Parc OL : « nous avons été privés d’une éventuelle performance. Il n’y a pas que l’arbitre mais je pense qu’il n’y a pas penalty à la 32e minute. Mon défenseur central prend un avertissement alors qu’il n’y a jamais carton jaune. Il est en difficulté tout le match et ne peut pas commettre de faute sur l’action du premier but. Derrière, il y a penalty et l’arbitre ne s’est pas déplacé pour voir la vidéo assistance. » Des propos qui ne seront de toute façon pas entendus par les instances du football français (LFP), dans le meilleur des cas, voire condamnés et conspués par Jean-Michel Aulas et cie, ce qui aura pour effet d’amplifier dans les semaines et mois à venir ce phénomène tragique d’appréciation unilatérale des faits, dans le pire scénario.

 

Les notes des joueurs

 

Les tops :

Oukidja (6) : déterminant sur sa ligne devant Depay (17ème) et Dembélé (50ème et 73ème) notamment, il a tenu la baraque même s’il n’a pu empêcher la défaite de son équipe.
Boulaya (6) : l’un des rares joueurs offensifs dangereux, il est l’auteur des deux seuls tirs cadrés messin de la partie sur ce coup franc (49ème) et de cette ultime tentative de la rencontre (90ème) qui aurait mérité meilleur sort ; en progrès.

Les flops :

Maiga (4) : en grande difficulté sur le plan physique, le milieu relayeur excentré n’a jamais su trouver le second souffle nécessaire pour permettre à son équipe de mettre le pied sur le ballon.
Fofana (4) : régulièrement pris de vitesse par le virevoltant Depay, le jeune défenseur grenat n’a pas évolué dans le ton et l’intensité requis pour ce genre de confrontation.
L’arbitrage (2) : le débrief a été suffisamment explicite à ce niveau, on ne peut pas dire que M. Hamel et ses assistants aient été à la hauteur.

 

M.D

P