[Après-match : RC Lens- FC Metz] Sang et Mort

Le FC Metz s’est complètement manqué à l’occasion de son entrée en lice lors de son 1/32ème de finale de la CDF : au stade Bollaert de Lens, les hommes de Philippe Hinschberger ont été secoués avant de craquer en seconde période (2-0). L’année repart sur de bien mauvaises bases…

 

Le onze

 

Dans le but de maintenir une certaine idée de dynamique, le coach messin décide de reconduire quasi intégralement le même onze qui avait pris le meilleur sur le voisin Epinal (1-0) dans un match amical programmé en début de semaine. Le dispositif chétif de Hinschberger (4-2-3-1) est de nouveau de mise. C’est donc le premier match officiel pour le gardien nippon Kawashima. Seul Assou-Ekotto retrouve sa place de titulaire aux dépens de Signorino, sur le flanc gauche de la défense, tandis que Rivierez est reconduit à droite. La charnière se compose de Milan et Falette. A la récupération, Mollet et Phillips sont alignés tandis que le très précoce Thill se retrouve en charge de l’animation du jeu grenat. Hein et Nguette occupent les ailes d’une attaque menée de plein front par Vion. Une équipe forcément rajeunie par les absences des cadres de l’équipe dues aux départs à la Coupe d’Afrique des Nations (Mandjeck, Doukouré, Sarr) ou à des écarts de forme (Erding, Diabaté qui n’a débarqué qu’en début de semaine en Moselle). De plus, les expérimentés Lejeune et Jouffre sont toujours sur le flanc en ce début d’année.

 

La première période

 

La rencontre débute sur un rythme effréné de part et d’autre avec quelques mouvements intéressants des visiteurs à l’initiative de Rivierez dont le centre côté droit trouve Mollet dont la frappe enveloppée passe de peu au-dessus de la cage (11ème). La réplique lensoise ne se fait pas attendre : Zoubir, sur son aile gauche délivre un centre tendu que Fortuné ne parvient pas à reprendre (16ème). Passée la demi-heure de jeu, le RC Lens prit peu à peu le fil du jeu tandis que les Messins firent preuve d’une certaine fébrilité notamment physique. Metz procède alors en contre mais ni Vion (26ème), ni Nguette (34ème) ne parviennent à conclure leurs numéros en soliste. Car en terme collectif, il faut dire que le milieu grenat peine à maîtriser les velléités nordistes. De son côté, Lens ne créera pas beaucoup plus d’inquiétude dans la surface messine malgré les tentatives cadrées de Zoubir (37ème) et Bourigeaud (39ème) pour lesquelles Kawashima demeure vigilant. Toutefois, peu avant la pause, une première mauvaise nouvelle fait son apparition côté lorrains : Hein est contraint de céder sa place sur blessure alors que Maziz effectue par la même ses débuts professionnels.

 

La seconde période

 

La physionomie du match ne change guère à l’entame de cette deuxième mi-temps où le FC Metz a clairement décidé d’opérer en contres tandis que le RC Lens s’est déterminé à prendre le jeu à son compte. Une première brèche est allumée par Fortuné suite à un bon service de Autret sur le flanc droit, mais sa tentative fuit le cadre (48ème). Par la suite, les Messins demeurent plus entreprenants en se créant deux belles occasions par le biais de Vion, dont la frappe suite à une belle infiltration dans la défense lensoise est repoussée par Vachoux (53ème), et Maziz, qui ne parvient pas à cadrer sa tête suite à un bon centre de Rivierez (54ème) alors que Falette avait tenté sa chance de loin quelques secondes plus tôt (52ème). C’est à cet instant que l’on ressort la fameuse maxime énonçant le fait qu’autant d’occasions doivent impérativement se matérialiser au tableau d’affichage, sous peine de désillusion. La sanction est immédiate : sur une jolie attaque placée, Bourigeaud décale intelligemment Cristian dont la frappe est d’abord repoussée par Kawashima avant de retrouver le premier nommé qui fusille le portier mosellan à bout portant (1-0, 63ème). Par orgueil, les Grenats sonnés par cet évènement vont continuer à se procurer des occasions qu’ils ne parviendront jamais à concrétiser. Diallo, fraichement entré en jeu, va trouver la transversale après un énième centre de Rivierez (64ème), Maziz manquant à son tour sa chance en face à face avec le gardien lensois (67ème). L’entrée de Erding va apporter du poids aux avant-postes mais sa reprise de la tête manque sa cible (79ème). Un instant plus tôt, les Nordistes auraient pu aggraver le score par Fortuné mais Kawashima veillait au grain (78ème). Suite à une vilaine semelle sur Mollet, Koukou est logiquement expulsé par l’arbitre (83ème), ce qui ne contrarie en rien l’équipe d’Alain Casanova. Cette dernière s’offre même le luxe de tuer le suspense grâce à Cristian, après un enchaînement en pivot à travers une défense messine d’une passivité étonnante (2-0, 90ème). Passivité et manque d’agressivité. Certainement pas les ingrédients à rassembler pour passer un tour de Coupe de France…

 

Les notes des joueurs

 

Kawashima (6) : plutôt rassurant dans ses prises de balle et sur sa ligne, il est malheureusement victime de la passivité de sa défense sur les deux buts qu’il concède.

Assou-Ekotto (3) : assurément pas à son niveau d’avant la trêve hivernale, il a fait preuve de peu de mordant sur son vis-à-vis et n’a absolument rien apporté offensivement.

Milan (3) : l’Argentin a connu une reprise difficile, manquant de rythme et de solidité dans les appuis. Il fait preuve d’une grande passivité sur les deux buts concédés, à l’image de son équipe.

Falette (6) : une plus grande présence physique que son acolyte de la charnière centrale, il a démontré beaucoup de calme et de fraîcheur face aux attaquants lensois même si cela n’a pas suffi.

Rivierez (7) : ayant sans doute réalisé son meilleur match cette saison, le latéral droit a multiplié les centres depuis son couloir et a grandement participé au jeu de son équipe, quand bien même cela s’étant avéré insuffisant pour se défaire de la formation lensoise.

Phillips (3) : dans un rôle de pur récupérateur, habituellement occupé par Mandjeck, le milieu luxembourgeois n’a jamais su poser sa griffe dans l’entrejeu et son influence technique sur le jeu a été minime.

Mollet (4) : le milieu relayeur a tenté de dynamiser le jeu, avec plus ou moins de succès mais son positionnement laisse à désirer tant l’ex-cristolien est plus à l’aise en meneur de jeu.

Thill (5) : pour une première titularisation en match officiel, le précoce milieu luxembourgeois a démontré par séquences l’étendue de sa palette technique, si bien que sa prestation a manqué de régularité sur l’ensemble du match.

Hein (3) : à l’instar de ses prestations de la fin d’année 2016, l’ailier n’a pas vraiment brillé sur son côté gauche et a dû quitter ses partenaires suite à une grosse semelle encaissée juste avant la mi-temps.

Nguette (3) : cela fait un certain temps désormais que l’ex-valenciennois ne réussit pas grand-chose, son activité demeure assez décente mais il manque de clairvoyance dans le jeu.

Vion (5) : un match véritablement frustrant pour l’attaquant messin qui s’est pourtant bien démené et provoqué plusieurs actions dangereuses à l’image de son rush plein axe en seconde mi-temps qui aurait mérité meilleur sort.

 

L’analyse

 

Si l’on considère que le mois de janvier reflète généralement le reste de l’année civile, cela s’avère assez peu rassurant en vue de la suite des évènements qui se profilent dans l’horizon messin. Car en ce début de millésime 2017, le club à la Croix de Lorraine semble en recherche active d’un second souffle. A différents niveaux. Un nouveau souffle sportif mériterait d’être insufflé dans ce groupe qui apparaît nettement affaibli tant par les départs à la CAN de joueurs majeurs (Mandjeck, Doukouré, Sarr) que par les méformes physiques de la plupart de ses cadres (Erding, Lejeune, Jouffre).

S’ajoute à cette instabilité sportive le véritable coup de massue médiatique provoqué par la décision de la Commission disciplinaire de la Ligue, laquelle s’est montrée intransigeante vis-à-vis de l’affaire des jets de pétard survenue à l’occasion de Metz-Lyon en décembre dernier. Les instances du football français ne se sont en effet pas fait prier afin de faire exemple avec le promu FC Metz pour démontrer une pseudo-tolérance zéro par rapport aux violences qui se produisent dans les stades. Si la décision de faire rejouer la rencontre dans un stade St-Symphorien à huis-clos semble légitime, le fait de retirer directement et sans concession 2 points au club messin apparaît incompréhensible et démesurée. Le FC Metz se retrouve ainsi lourdement pénalisé sportivement par l’imbécilité de quelques énergumènes pour laquelle le club ne peut au final pas grand-chose. En résumé, dans le plus optimiste des cas, une victoire de Metz face à l’OL équivaudra à 1 point. Il n’est apparemment jamais trop tard pour innover…

La tâche s’annonce ardue pour le désormais reléguable FC Metz (19ème, 17 pts) qui devra affronter coup sur coup l’ogre parisien au Parc des Princes ce mercredi en Coupe de la Ligue avant d’aller rendre visite dimanche au surprenant champion d’automne Nice pour le retour des hostilités en championnat.

P