[Après-match : SCO Angers- FC Metz] La réalité du terrain

Le FC Metz est retombé dans ses travers en déjouant totalement sur la pelouse de l’avant dernier du championnat Angers (2-1). Réduits à 9 pendant près d’une demi-heure, les Grenats ont livré une copie proche du néant footballistique…

 

Le onze

 

Fort de son précieux succès acquis face à Montpellier, ayant ainsi mis fin à une disette interminable à St Symphorien -aucune victoire en championnat depuis la réception de…Angers fin août-, le FC Metz est attendu en Maine-et-Loire pour confirmer ses bonnes dispositions du moment. Pour ce faire, Philippe Hinschberger reconduit grosso modo le même groupe qui a fonctionné lors de la précédente journée. Ainsi, le FC Metz démarre la partie en 4-5-1 avec Didillon dans les buts, une ligne de défense composée de Signorino, Falette, Milan et Balliu, un milieu à trois avec Fallou, Philipps et Cohade placé en pointe du trident, Nguette et Lejeune -de retour dans le onze- sur les ailes tandis que Diabaté évolue dans l’axe de l’attaque. A noter que Doukouré, fraîchement rentré de la CAN (élimination de la Côte d’Ivoire) et Lejeune effectuent leur retour. Jouffre et Mollet demeurent convalescents tandis que Assou-Ekotto est toujours privé du groupe pour des raisons extra sportives.

 

La première période

 

La rencontre démarre sous un pressing haut des locaux, bien décidés à attaquer de la meilleure des façons ce duel de mal classés. Les Angevins prennent d’entrée de jeu la direction des opérations mais les tentatives de Santamaria (4ème) et Tait (11ème) ne mettent pas en danger le gardien lorrain. Alors que le match est fermé, les joueurs de Stéphane Moulin obtiennent un coup franc à moins de 25 mètres des cages de Didillon que transforme Tait d’un joli enroulé pied droit sur lequel le portier messin ne semble pas exempt de tout reproche (1-0, 25ème). Les Messins se réveillent enfin et parviennent désormais à combiner dans le camp adverse. Ces derniers profitent d’une mauvaise relance de Traoré pour égaliser par l’intermédiaire de Nguette qui s’infiltre et prend au dépourvu le capitaine angevin, qui expédie le cuir dans ses propres filets (1-1, 33ème). Tout semble enfin rentrer dans l’ordre pour la formation de Philippe Hinschberger. Mais cette illusion est vaine. Car ce sont des Grenats attentistes qui, dès l’engagement, laissent l’avant-centre Pepe filer seul dans l’axe de la défense aller tromper sans opposition Didillon (2-1, 34ème). On pense alors que le pire est derrière le club à la Croix de Lorraine, mais non. Dans la foulée, et probablement en colère suite au deuxième but d’Angers, Cohade se rend coupable d’un coup de coude -peut être involontaire- sur Pavlovic et écope d’un carton jaune avant de voir rouge suite à la réappréciation de l’arbitre (38ème). A cet instant de la partie, la rencontre semble avoir pris une sale tournure pour les Grenats qui n’ont par ailleurs pas démontré grand-chose lors de ce premier acte.

 

La seconde période

 

A l’entame de cette deuxième mi-temps, la physionomie du match n’a pas évolué. Ce sont toujours les Angevins qui mènent la cadence et de fragiles Messins qui luttent pour exister dans le jeu. Et le mot n’est pas trop fort dans la mesure où Metz ne parvient quasiment plus à pénétrer dans le camp adverse. Le SCO Angers se procure alors deux occasions d’abord grâce à la doublette Manceau/Mangani côté gauche, qui permet au premier cité d’armer sa frappe, non cadrée (47ème) puis par le biais de Santamaria, qui est décalé intelligemment par Pepe côté droit, mais sa tentative est contrée in extremis par Balliu sur sa ligne (60ème). Les Grenats, qui vivent un véritable enfer dans cette deuxième période, vont peu à peu perdre complètement le fil des évènements : Fallou commet l’irréparable sur Pavlovic en lui assignant un coup violent au niveau de la cuisse, il est logiquement expulsé à son tour (66ème). Metz va devoir jouer à 9 contre 11 pendant plus de 25 minutes. L’agonie se poursuit pour les Grenats qui résistent tout de même aux innombrables assauts angevins par Doré qui tente sa chance de loin (73ème) et multiplie les centres côté droit (85ème). Non seulement les Messins ne croient pas en leurs chances, mais le physique ne tient plus, en infériorité numérique. Angers manque de justesse d’aggraver la marque mais Didillon s’emploie de superbe manière d’abord sur la lourde frappe de Doré (90ème+1) puis sur la tentative en angle fermé de Tait (90ème+3). Le score final est presque flatteur pour le FC Metz qui boucle cette rencontre avec la statistique ridicule d’une seule frappe et d’aucune tentative cadrée…

 

Les notes des joueurs

 

Didillon (5) : une première période très compliquée pour le portier qui s’incline sur les deux seules tentatives cadrées angevines, il a en revanche réalisé plusieurs parades exceptionnelles en seconde ayant permis à son équipe de surnager.

Signorino (4) : une partie compliquée pour le latéral gauche qui s’est forcément retrouvé en difficulté dans son couloir suite aux expulsions de Cohade et Fallou, son apport offensif a demeuré minime.

Milan (4) : largement moins en vue que d’habitude dans les duels, s’il a sombré en première période -à l’image de la percée de Pepe qui amène le but de la victoire angevine-, il s’est bien repris en seconde en limitant la casse.

Falette (4) : à l’image de son compère de la charnière, il a perdu beaucoup de duels aériens mais il a lui aussi sauvé les meubles en deuxième mi-temps lorsque Metz évoluait à 9 contre 11.

Balliu (5) : un match très courageux du latéral droit qui s’est encore fendu d’un geste salvateur sur sa ligne, son activité a été moins importante qu’à l’accoutumée du fait des deux expulsions messines qui l’ont contraint à défendre toute la seconde mi-temps.

Philipps (3) : encore une partie compliquée pour le milieu de terrain qui a vraiment eu beaucoup de mal à exister dans l’entrejeu face à l’engagement des angevins, ses relances sont par ailleurs toujours aussi approximatives et n’apportent pas au collectif.

Fallou (0) : celui qui est censé porter le jeu de son équipe a complètement failli, en témoigne cet agacement permanent en première période qui lui vaut logiquement un carton rouge direct en seconde suite à un excès d’engagement sur Pavlovic.

Lejeune (3) : pour son retour dans le onze titulaire, le capitaine grenat a semblé à court de rythme, ce qui s’est ressenti sur son influence quasi inexistante dans le jeu mosellan.

Cohade (0) : à l’instar de Fallou, il a fourni une première période indigne de son statut et sa mauvaise attitude sur le terrain l’a sanctionnée par une expulsion plutôt sévère suite à un coup de coude sur Manceau.

Nguette (4) : cette fois-ci, le jeune ailier s’est rendu décisif suite à une jolie récupération dans l’axe de la défense angevine qui s’est ponctuée par un bon centre contré dans ses propres filets par Traoré, mais on ne retiendra finalement que ce but car il s’est complètement éteint en seconde période.

Diabaté (3) : le nouveau buteur providentiel a réalisé une prestation décevante, il ne s’est procuré qu’une seule opportunité en première période suite à un bel enchaînement ponctué par une frappe contrée, mais il s’est progressivement liquéfié en seconde lorsque les ballons n’arrivaient plus.

 

L’analyse

 

Metz où l’art de se saborder tout seul. Car en effet, les hommes de Philippe Hinschberger se sont savonnés eux-mêmes la planche dans ce duel face à une formation qui restait sur 9 rencontres sans victoire en L1. Ils ont failli dans tous les compartiments du jeu. Ils ont déjoué. Ils ont semblé à court physiquement. Mais ils ont surtout laissé au vestiaire leur esprit de combattant. Le FC Metz est apparu résigné dès l’entame du match.

C’est que le mal est véritablement profond. Les Grenats ont cette incapacité chronique à enchaîner les performances collectives, à fournir les efforts ensemble. Toujours cet aveu d’impuissance qui plane au-dessus des têtes messines lorsque l’adversité est à son paroxysme. Plus inquiétant encore, cette sensation que les cadres de l’équipe ont du mal à assumer leurs responsabilités dans un vestiaire éminemment peu expérimenté à cet échelon. Mais cette responsabilité en revient aussi au coach qui se doit d’apporter un supplément d’âme dans ce groupe qui manque cruellement de caractère, voire d’ambitions. A ce titre, les arrivées de Diabaté et Fallou devraient contribuer à remettre à flot ce navire qui n’en finit plus de tanguer dans les profondeurs du classement.

Le maintien passera intrinsèquement par un changement radical dans les attitudes et dans la volonté commune d’adhérer à un projet de jeu cohérent et réfléchi. La survie du club dans l’Elite dépendra forcément aussi de ce que l’état-major souhaite faire de ses supporters indésirables (la Horda Frénétik étant toujours exclue de stade). A l’évidence, le FC Metz aura besoin du soutien populaire de ses Ultras pour engranger un maximum de points à St-Symphorien face aux adversaires directs. Après Montpellier, il s’agira en effet écarter en vrac Dijon, Nancy, Caen, Nantes, Bastia, tous attendus à Metz d’ici à la fin de la saison.

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