Après-match St-Etienne – Metz : La minute qui change tout

Après avoir fourni une prestation de très grande qualité, les Grenats ont encore été punis en toute fin de match par le destin (2-2) mais ramènent un point de leur déplacement à St-Etienne.

 

Le onze

 

Le FC Metz est attendu dans le bouillon chaudron de Geoffroy-Guichard afin de maintenir sa marche en avant et confirmer ses bonnes dispositions entrevues face à Rennes à domicile. A cette occasion, Philippe Hinschberger jouit d’un groupe quasi au complet si l’on excepte l’absence de Lejeune. Le onze grenat est ainsi organisé en 4-2-3-1 comme à l’accoutumée. Didillon est dans les cages, la ligne de défense se constitue de Assou-Ekotto, Falette, Bisevac et Balliu, de gauche à droite. Au milieu, la suspension de Fallou profite à Mandjeck, lequel est associé à Doukouré. Cohade anime en meneur de jeu l’attaque messine aux côtés de Sarr et Jouffre, alors que l’inusable Diabaté demeure en pointe.

 

La première période

 

Geoffroy-Guichard, un après-midi ensoleillé. Sur l’engagement des hôtes, les Messins arrachent un premier ballon au milieu de terrain. Jouffre lance rapidement Sarr sur l’aile gauche, qui réalise un festival de crochets avant de décocher une frappe limpide aux 25 mètres qui prend le chemin du petit filet de Ruffier (0-1, 1ère). Dans la foulée, Beric réplique en adressant une tête qui ne trouve pas le cadre de Didillon (3ème). Les Grenats profitent de cette réussite précoce pour poser un peu le ballon au sol et prendre confiance. Le plus souvent, Diabaté est recherché par l’intermédiaire de longs ballons aériens. Les Verts n’y sont pas dans cette première mi-temps et Metz manque d’un rien de faire le break par Diabaté qui ne profite pas d’une sortie ratée de Ruffier suite à une ouverture de Mandjeck plein axe (26ème). Plus gros encore, sur un corner de Jouffre, Sarr dévie superbement le cuir pour trouver la lucarne opposée mais Perrin sauve sur sa ligne (32ème). La première occasion des locaux se fait attendre et c’est finalement sur une frappe lointaine de Saivet que le danger se précise pour les Lorrains (35ème). Ayant reculé dans ces 10 dernières minutes, les Messins sont proches d’être rejoints suite à une superbe percée de Hamouma qui se faufile dans l’axe avant de voir sa frappe repoussée difficilement par Didillon (42ème). Les Grenats mènent toutefois logiquement à la pause.

 

La deuxième période

 

A l’instar du premier acte, les Grenats s’installent aussitôt dans le camp stéphanois. Mais contre le cours du jeu, les hôtes vont trouver la faille grâce à Beric, solide sur ses appuis dans la surface qui élimine avec une grande facilité Falette avant d’ajuster Didillon de près (1-1, 53ème). Alors qu’on pense le match définitivement basculer avec cette égalisation, les Grenats parviennent à reprendre leur marche en avant. Jouffre sert ainsi parfaitement Cohade dans la surface qui prend la direction de la lucarne mais Ruffier est à la parade et détourne en corner (55ème). Le match se débride complètement et c’est désormais Saivet qui est proche de scorer suite à une jolie remise en retrait de Monnet-Paquet, mais Didillon est vigilant en deux temps (63ème). La délivrance, côtés messins, intervient sur un coup franc joué astucieusement par Jouffre avec Balliu qui centre parfaitement pour la reprise catapultée au second poteau de Falette (1-2, 68ème). Les efforts ont payé pour le FC Metz qui n’a jamais abdiqué après l’égalisation en début de seconde période. Mais les Stéphanois n’ont pas dit leur dernier mot. Sur un coup franc de Veretout, Perrin réalise une superbe reprise de volée en extension que claque Didillon avec brio (71ème). Les deux équipes se rendent alors coup pour coup. Sur un centre côté droit de Cohade, Diabaté réussit un superbe contrôle avant de manquer complètement sa frappe (74ème). A l’entame du temps additionnel, Metz pense avoir réussi le plus dur après avoir résisté à ce rythme effréné. Mais St-Etienne n’a pas lâché. Suite à un bel enchaînement, Hamouma écrase sa tentative sur la barre transversale (90ème+1). Arrive ensuite l’instant fatidique pour les Grenats. Nguette s’échappe côté droit, réalise un festival dans la surface de réparation mais sa frappe du bout du pied est sauvée in extremis par Perrin juste avant de franchir entièrement la ligne (90ème+3). Le capitaine des Verts se mue alors en véritable héros lorsque, dans les dernières secondes, il met tout le monde d’accord d’un coup de grâce (tête) qui crucifie Didillon et ses partenaires (2-2, 90ème+4). Le Football est ainsi fait de ces moments tragiques et cruels.

 

Les notes des joueurs

 

Didillon (7) : l’issue de son match est absolument cruelle, tant il est apparu impérial pendant 94 minutes -que ce soit sur sa ligne ou dans les airs-, mais sa sortie ratée sur la dernière occasion du match pèse lourd dans la balance.

Assou-Ekotto (5) : en difficulté face à Hamouma et Malcuit sur le premier acte notamment, il a été légèrement plus rassurant en deuxième mi-temps, auteur de quelques montées intéressantes.

Bisevac (6) : beaucoup de solidité et de caractère dans son jeu une nouvelle fois, ce qui n’a pas empêché son équipe de concéder encore beaucoup d’occasions, notamment en seconde période.

Falette (5) : après une première période assez solide, il est apparu plus en difficultés passée la pause, coupable sur l’égalisation stéphanoise, il remet son équipe à flot d’une superbe reprise un peu plus tard, en vain car il perd le duel fatidique face à Perrin à la dernière seconde.

Balliu (7) : un gros match du latéral espagnol qui, une fois de plus, s’est montré conquérant dans son couloir, délivrant ainsi le centre victorieux sur le deuxième but messin, par ailleurs très à l’aise techniquement et dans le jeu combiné.

Mandjeck (5) : auteur d’une bonne prestation dans l’entrejeu, il est toutefois coupable de plusieurs fautes évitables qui ont régulièrement amené le danger dans le camp messin.

Cohade (7) : face à son ancienne formation, le meneur de jeu s’est montré comme à son habitude très actif, de par son volume de jeu ; de plus, sa complicité avec Jouffre s’est illustrée tout le long de la rencontre.

Doukouré (6) : une très belle prestation du milieu de terrain, à son aise dans les duels et capable de quelques belles sorties de balle ; une belle opportunité de scorer en deuxième mi-temps, par ailleurs.

Sarr (7) : une première mi-temps canon avec cette chevauchée incroyable ponctuée d’une frappe superbe pour l’ouverture du score, puis d’une action similaire en milieu de rencontre ; est sorti sur blessure à l’heure de jeu, remplacé par Nguette qui a manqué de 5 centimètres la balle de match.

Jouffre (7) : une prestation de grande facture de la part de l’ex-Lorientais qui a su bonifier le jeu de son équipe, sans cesse combiner que ce soit jeu court ou jeu long ; sans doute son meilleur match cette saison.

Diabaté (3) : un après-midi sans pour l’avant-centre messin qui a tout simplement tout vendangé, lui qui s’est pourtant créé un paquet d’occasions et fourni beaucoup d’efforts ; cela coûte malheureusement la victoire de ses coéquipiers.

 

L’analyse

 

D’éternels regrets, le FC Metz pourra nourrir une fois de plus après avoir concédé pour la deuxième fois d’affilée le résultat nul (1-1 face à Rennes puis 2-2 à St-Etienne). Alors que les prestations d’ensemble en méritaient davantage. Alors que les hommes de Philippe Hinschberger avaient à chaque fois eu le bonheur d’ouvrir le score.

Malheureusement, sur le plan comptable, cela ne fait que deux points en deux matchs. Ou plutôt quatre, en comptabilisant ceux récupérés devant la Commission supérieure d’appel de la FFF. Surtout, Metz en a perdu quatre sur le terrain pour une fichue poignée de secondes à chaque fois. Suffisant pour remettre au goût du jour ce fameux doute qui hante régulièrement les joueurs grenats ?

Pas forcément, si l’on observe de plus près le niveau de jeu affiché par les Lorrains lors de ces deux dernières rencontres. Metz a tenté, Metz a raté, mais Metz a séduit, aussi. Surtout, c’est un FC Metz bien plus en action -et non pas en réaction- que l’on a retrouvé. Il y aurait donc bien des raisons d’espérer. Les retours en bonne forme des cadres de l’équipe semblent impulser une dynamique collective au groupe, en témoigne l’apport indéniable de Jouffre. D’aucuns remarqueront que lorsqu’il sort du terrain, Metz encaisse un but décisif. Il va de soi que l’équipe s’est toujours mieux comportée en sa présence.

Dans un sprint final fraîchement lancé, -le championnat rendra son verdict dans 10 journées- on peut percevoir que certains signes ne trompent pas. Si le club à la Croix de Lorraine semble souffrir de maux récurrents à l’extérieur, il ne perd plus du tout dans son antre, et ce, depuis la réception de…St-Etienne début novembre dernier. De quoi espérer pour la suite des évènements, étant donné le nombre de confrontations directes encore à jouer dans la course au maintien. Il conviendra toutefois de persévérer dans cette voie et ne plus retomber dans les travers d’antan.

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