Chris Philipps ne restera pas à Preussen Münster

ENTRETIEN TIRE DU JOURNAL LE QUOTIDIEN DU 28 AVRIL 2016


« Mon père aussi m’a demandé si j’avais peur pour la suite »

ALLEMAGNE. Chris Philipps a annoncé hier qu’il ne resterait pas à Preussen Münster, où il est prêté par Metz cette saison.

Philipps dit adieu aux fans de Münster. Photo : dr
Philipps dit adieu aux fans de Münster. Photo : DR

Le Luxembourgeois de 22 ans, à qui il reste deux années de contrat à Metz, doit patienter encore au moins deux semaines avant que le club lorrain ne se positionne sur son cas. Alors il attend. Et envisage tout.

Entretien avec notre journaliste Matthieu Pécot

Vous avez annoncé hier sur les réseaux sociaux votre départ de Preussen Münster en fin de saison. Pourquoi ? Et pourquoi ce timing ?

Chris Philipps : La décision a été prise mardi entre le club et moi. Il me semblait normal que dès le lendemain de cette réunion, j’avertisse les gens. Le club et moi, on n’a plus rien à se dire. J’ai eu un entretien avec le coach (NDLR : Horst Steffen) qui m’a dit qu’il était très content de moi, qu’il aurait bien aimé me garder. Il me reste deux années de contrat et le club n’a pas les moyens de m’acheter. Il y avait aussi la possibilité de prolonger le prêt, mais pour des raisons de timing, ça ne peut pas se faire.

Comment ça?

Metz me demande de patienter. J’ai eu Philippe Gaillot (NDLR : directeur général adjoint du FC Metz) il y a quelques semaines. Il m’a dit qu’il fallait attendre de voir si le club va monter en L1 ou rester en L2. Münster ne peut pas se permettre d’attendre. On peut imaginer que le club suit un autre joueur et aurait aimé être fixé tout de suite. Alors j’attends et j’en saurai plus dans deux ou trois semaines.

Vous êtes optimiste pour réintégrer le FC Metz?

On verra. Philippe Gaillot m’a dit que si j’avais le profil qui plaisait au nouveau coach (NDLR : Philippe Hinschberger, arrivé en cours de saison), alors il n’y aurait pas de problème. Et puis je comprends que le coach ait d’autres priorités aujourd’hui, que de se renseigner sur un joueur prêté.

Considérez-vous que vos chances de jouer seront plus importantes si Metz reste en Ligue 2?

C’est ce que beaucoup de gens pensent, mais moi, je dis que ce n’est pas forcément le cas. Je suis peut-être plus un joueur de Ligue 1 que de Ligue 2, qui est un championnat plus physique. Aussi, si on regarde bien, j’ai joué plus de matches en Ligue 1 qu’en Ligue 2.

Metz a suivi de très loin votre évolution en Allemagne. Ça vous rend triste, ce décalage entre la manière dont un joueur est traité au centre de formation et le joueur que vous êtes aujourd’hui?

Il y a pire que moi. À d’autres, on a dit : “On te prête à Seraing, c’est comme ça”. Moi, j’ai pu discuter. Mais c’est vrai que ça fait bizarre d’être en vacances en Grèce, de sortir de la piscine, et de voir un message pour nous annoncer qu’on est prêté. Surtout que j’avais joué en L1, quoi. Je suis parti en vacances l’esprit tranquille, car on m’avait fait comprendre que j’allais avoir un vrai rôle à jouer. Mais bref, ce qui m’importe, c’est qu’on me dise la vérité. Philippe Gaillot a vu quelques matches à Münster et a eu des échos de Luc Holtz. Il sait que j’ai progressé. Luc Holtz me l’a dit. Et c’est important que des gens comme lui soient honnêtes avec moi. J’ai l’impression que Gaillot a envie que je revienne, ne serait-ce que pour que l’histoire entre Metz et moi se finisse bien.

Que retenez-vous de votre saison en 3e Bundesliga?

J’ai découvert une autre culture et je savais que ça allait bien se passer car je maîtrise la langue. J’ai eu la chance de tomber dans un bon groupe. Même en début de saison quand je ne jouais pas, les gars qui étaient alignés à mon poste avaient un super comportement. C’était sain.

Avez-vous peur pour la suite de votre carrière où voyez-vous les choses positives, comme le fait qu’il vous reste deux ans de contrat et que cette saison, vous avez eu un rôle majeur dans une équipe de D3?

Mon père aussi m’a demandé si j’avais peur pour la suite. J’ai deux ans de contrat, c’est une vraie sécurité. Autant comme quand j’en avais cinq, ça pouvait refroidir les clubs qui s’intéressaient à moi, que là, deux années, ça va. Ce que j’ai montré sur la phase retour, plus ce que j’ai fait avec la sélection, ça ne passe pas inaperçu dans le milieu du football.

Un nouveau prêt est-il envisageable?

Il faut que Metz sache ce qu’il veut. Si le club reste en Ligue 2 et me dit “on va te prêter”, je ne comprendrais pas. Si on considère que je n’ai pas le niveau de la Ligue 2, alors je ne lui sers plus à rien. Là, je suis dans une mentalité où je vais me donner à fond pour les trois derniers matches. Il en reste un contre Dresde, qui va monter et joue devant 27 000 spectateurs de moyenne. Si on me dit de signer à Dresde, j’y vais tout de suite. En L1, les matches à 27 000 spectateurs, il faut les trouver…

 

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