De Metz à Lens, la renaissance de Matthieu Udol

Son départ du FC Metz avait laissé sceptiques certains supporters, peu convaincus par le choix du RC Lens. Quelques mois plus tard, Matthieu Udol est l’un des hommes forts de la saison lensoise. Intenable dans son couloir, décisif balle au pied et enfin épargné par les blessures, l’ancien Grenat vit la meilleure période de sa carrière… au point d’être cité parmi les candidats crédibles à l’équipe de France.

Ils étaient nombreux à douter. À l’été, quand Matthieu Udol quitte Metz pour Lens, une partie des supporters messins peine à voir dans le club artésien un projet suffisamment ambitieux pour justifier un bras de fer avec la direction. Six mois plus tard, le terrain a rendu son verdict. À 29 ans, Udol marche sur l’eau et s’est imposé comme une pièce maîtresse du système lensois.

Revenu de quatre ruptures du ligament croisé antérieur du genou droit, l’ancien Messin incarne une résilience rare à ce niveau. Longtemps résumé à ses blessures, il s’est reconstruit dans l’ombre, physiquement et mentalement, jusqu’à devenir aujourd’hui l’un des pistons les plus performants de Ligue 1. « Le genou n’est plus fragile, il est solide », affirme-t-il désormais avec assurance, preuve d’un corps enfin en paix avec lui-même.

À Lens, Udol a trouvé un rôle taillé pour ses qualités. Utilisé comme piston gauche, il s’épanouit dans un registre exigeant, fait de courses à haute intensité, de pressing agressif et de centres millimétrés. « Je suis totalement épanoui dans ce rôle. On est souvent sur la fin des actions pour la dernière passe, pour créer des décalages », explique-t-il, dans les colonnes de L’Equipe. Résultat : des statistiques qui parlent pour lui et un statut de co-meilleur passeur du championnat à mi-saison.

Matthieu Udol : « Six mois en arrière, c’était inimaginable »

Son adaptation n’était pourtant pas écrite d’avance. Arrivé initialement pour évoluer plus bas, Udol bascule dans le couloir après la blessure de Deiver Machado. Un choix gagnant pour Pierre Sage, rapidement convaincu par l’impact de son joueur. « Le coach avait un questionnement sur mon utilisation, et il a eu sa réponse », glisse Udol, sourire aux lèvres.

Au-delà des chiffres, c’est l’image du joueur qui a changé. À Lens, Udol n’est plus « l’homme aux quatre croisés », mais « La Machine », surnom hérité de son professionnalisme et de son volume de travail en salle de sport. « J’ai vraiment le sentiment qu’on me découvre enfin pour autre chose, et je préfère », confie-t-il, conscient toutefois que son passé fera toujours partie de son histoire.

Porté par la dynamique collective lensoise, le défenseur ne cache plus ses ambitions. « On ne peut plus se cacher, on a tous cette ambition d’aller chercher la Ligue des champions », assure-t-il. Et quand la question des Bleus est évoquée, Udol ne s’enflamme pas, mais ne se dérobe plus non plus. « Je sais que je suis performant, peut-être qu’il y a une place à se faire. Six mois en arrière, c’était inimaginable. »

À Metz, certains doutaient de son choix. À Lens, Matthieu Udol a trouvé bien plus qu’un nouveau club mais peut-être, enfin, une reconnaissance à la hauteur de son parcours.

A.M. 

Crédits photo : Icon Sport 

www.socios-fcmetz.com

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