FC Metz : La vision de Bernard Serin “pour les nuls”

Bon nombre de supporters grenat demande la démission du président Bernard Serin, à juste titre ou non. Décryptons la vision du président du FC Metz.
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Bernard Serin, depuis son arrivée à la tête du FC Metz, souffre d’un déficit d’image auprès des supporters messins. La faute à des résultats sportifs souvent décevants. Succéder à un président emblématique comme Carlo Molinari n’est pas une chose facile. Les supporters de Lyon avec Jean Michel Aulas, de Marseille avec Bernard Tapie, Auxerre avec Jean Claude Hamel, Sochaux avec Jean Claude Plessis* peuvent aisément en témoigner. En effet, les clubs cités courent après un passé historique malheureusement révolu. Car comme le dit notre chèr Mbappé : “le football il a changé”. Et le FC Metz n’échappe pas à la règle…

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Un président et des infrastructures vieillissantes 

Le FC Metz a par deux fois ratés le créneau de la rénovation de son antre de Saint Symphorien (1998 et 2016), retardé par des maires frileux à l’idée d’investir dans un stade pour des compétitions internationales. Ces décisions ont amené Bernard Serin à ne compter quasiment que sur lui-même pour rénover le terrain de jeu des Grenats. Heureusement pour lui, il a pu compter sur François Grosdidier à son élection a la tête de la ville de Metz et sur Jean Luc Bohl, président de la région Grand Est, pour obtenir quelques subventions afin de l’aider à mener son projet de rénovation. Le patron de John Cockerill avance donc tête baissée vers son objectif : développer un centre d’entraînement de qualité et offrir aux supporters du club mosellan une antre digne de ce nom. La tribune Sud en est le parfait exemple, tout comme le centre technique de Marly. Pour achever les travaux du stade sans perdre une bonne partie de sa fortune, Bernard Serin doit bien recruter et bien vendre, d’où l’importance de ces centres de formation. 

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Former et recruter à faible coût 

En poursuivant le partenariat avec Génération Foot, initié par Carlo Molinari, Bernard Serin a semble-t-il réalisé un excellent deal. Des joueurs prometteurs, formés par des éducateurs du FC Metz, le tout pour un coût minimal, bien en deça des standards européens. Cependant l’Académie Génération Foot, au niveau des infrastructures, n’a par exemple rien à envier à Marly. Ayant été durant des nombreuses années le DG de Sollac aux États-Unis, le président messin a conservé cette mentalité du business made in USA. Ce dernier consiste à miser sur plusieurs entreprises en espérant que l’une d’elle explose et engrange des bénéfices. Une méthode qu’il réapplique avec GF et Metz. En faisant venir plusieurs jeunes sénégalais en Moselle, l’homme fort du club grenat sait qu’il en suffit d’un seul qui flambe pour rapporter gros à l’équipe lorraine et lui permettre ainsi de financer ses infrastructures et d’acheter des joueurs avec plus ou moins de réussite. 

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Frappé de plein fouet par le Covid et la défection de MediaPro.

Bernard Serin n’avait pas prévu dans sa feuille de route la crise du Covid ainsi que la défection de MédiaPro. Ce dernier avait inclus ces rentrées d’argent pour équilibrer le budget de ses différentes rénovations et avoir une équipe compétitive qui puisse pérenniser dans l’élite du football français. Mais cet imprévu l’a contraint à revoir ses plans, mettant au second plan le recrutement et le projet sportif. Malgré sa volonté de s’entourer de personnes compétentes pour améliorer cet aspect, notre président a aussi manqué de chance ces dernières, sans pouvoir utiliser cela comme motif d’excuse. Pensant s’appuyer sur des personnes qui connaissaient le football, il a échoué dans cette quête. Lucien D’Onofrio n’a amené aucun joueur digne de ce nom tout comme Pierre Dréossi. Au contraire, ils ont fait perdre de l’argent au FC Metz. Skuka,Tetteh, Estupinan, Asoro pour ne citer qu’eux, n’ont jamais répondu aux attentes de Laszlo Bölöni. 

Un avenir plus serein 

Une fois la réhabilitation du Stade Saint-Symphorien terminé tout comme le centre technique de Marly, Bernard Serin ne sera plus dans l’obligation de céder chaque saison ses meilleurs éléments. D’ici 2026, les prochaines pépites sénégalaises Idrissa Gueye et Amara Diouf risquent de changer la donne, mais avant cela la politique du club restera la même. C’est seulement à l’issue des différentes rénovations engagées que le FC Metz pourra construire une équipe qui sera capable de jouer un rôle intéressant en Ligue 1, de briller en Coupe de France, et pour à terme retrouver le Stade de France et l’Europe. La dernière apparition de Metz dans une finale remonte à 1999,d u côtés des joutes européennes, c’est encore plus lointain. Les Messins n’y ont plus goutées depuis 1998 .

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Une succession à préparer 

Bernard Serin a indiqué qu’il souhaitait dans un futur plus ou moins proche vendre le FC Metz. Malheureusement aucun grande fortune mosellane ne souhaite pour l’instant reprendre le club à la Croix de Lorraine. Hormis M Rubinstein, qui est loin de posséder la fortune du président actuel, ou de la famille Bailly. Aucun candidat ne s’est déclaré officiellement. Peut-être serait-il préférable de voir Bernard Serin encore quelques années à la tête du FC Metz, au risque de se retrouver dans la même situation que Sochaux, Bordeaux, Nancy ou Auxerre avec des investisseurs étrangers n’ayant pas l’amour du club et voyant Metz comme un nouvel outil financier permettant de réaliser des plus values sur les joueurs.

* Jean-Claude Plessis (80 ans) est revenu à la tête de Sochaux lors de la saison 2023/2024, il a annoncé récemment vouloir céder sa place.

M.M.  

Crédit photo : Icon Sport

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