[Légende Grenat] Yéni N’Gbakoto, grenat pour toujours

Croix, le 23 janvier 1992

C’est à 15 kilomètres de Sochaux que Yéni débarque dans ce monde. Lui qui passera littéralement par toutes les émotions avec notre club de cœur. Sa carrière footballistique commence au SC Clemenceau, un club de Besançon. Il y possède déjà de grosses qualités, ce qui lui permet de taper dans l’œil de belles cylindrées comme Barcelone, Chelsea et…Metz. C’est finalement au club à la Croix de Lorraine que le jeune milieu offensif de 15 ans fera sa route. Il se plaît si bien en Moselle et y déploie rapidement tout son potentiel. Il le fait tellement bien qu’il signe son premier contrat professionnel en 2009 pour une durée de 5 ans !

 

La découverte du monde pro

Encore trop jeune pour débuter en L2, le jeune milieu messin fait ses preuves avec la Réserve professionnelle. Il y inscrit notamment le but de la victoire contre le voisin thionvillois (1-0). Cette année fût la bonne pour lui : l’équipe réserve dans laquelle il joue durant la saison 2009/2010 frappe un grand coup dans son championnat, avec un titre de champion à la clé et un total famélique de 107 points ! Le droitier sera l’un des piliers de cette saison en inscrivant un total de 8 buts en 16 matchs de CFA2. Quoi de mieux qu’une telle saison pour exprimer son talent ? La récompense ne se fera plus attendre longtemps car, un soir du 13 janvier 2010, un certain Yvon Pouliquen l’appelle dans le groupe pro et le fait entrer en jeu à la 83ème minute d’un match de coupe contre l’ogre lyonnais.

 

27 août 2010 : débuts en L2

Au cours de la saison 2010/2011, l’entraîneur de l’équipe première -en la personne de Dominique Bijotat- le convoque pour une place de titulaire face à Ajaccio. Mais c’est le 18 décembre qu’il marquera son premier but sous les couleurs grenat, face à l’Entente Sannois Saint-Gratien en Coupe de France. Pas de chance pour lui, cette saison et la suivante s’avèreront particulièrement houleuses car synonymes de descente en national.

2012/2013, place aux jeunes !

Durant cette saison de National -la première dans l’histoire du club lorrain- l’entraîneur Albert Cartier décide de faire confiance à un onze très rajeuni en mettant en avant notamment les Bussmann, Sarr, Kehli, Bourgeois, etc…autour du pionnier Grégory Proment. Coaching gagnant pour le technicien mosellan car cette saison Yéni marquera 15 buts et délivrera 5 passes décisives pour un total de 46 matchs, toutes compétitions confondues. Une performance de haute volée qui permettra au FC Metz de se hisser à la deuxième place et de retrouver sa place dans l’antichambre de l’Elite. Sur un plan personnel, le jeune N’Gbakoto se verra dédier la récompense du meilleur joueur du championnat et figurera logiquement dans l’équipe type.

 

2013/2014 : la remontée folle

A l’occasion de son retour en L2, le club messin se place clairement comme un outsider. Cela se traduit notamment par l’équipe toujours très jeune mise en place par Albert Cartier. Mais puisque rien n’est jamais écrit d’avance -surtout pas en Football- Yéni et ses partenaires, notamment ses fidèles compagnons du centre de formation Sakho et Sarr, vont littéralement exploser au sein de l’attaque grenat. Le milieu offensif marquera ainsi 14 buts au cours d’une saison qui fait rapidement éclipser la mésaventure du National…

 

Le retour en L1 est compliqué

Après avoir triomphé en L2 avec le titre de champion acquis, le numéro 12 messin a la ferme intention de briller en L1 pour éventuellement suivre des cieux plus radieux. Mais rien ne va pas se passer comme prévu pour le Congolais de naissance. Après un pénalty marqué contre Lyon, Yéni perdra sa place de titulaire et Metz se retrouvera en position de reléguable à la mi saison. Malgré un temps de jeu plus conséquent en deuxième partie de saison, N’Gbakoto et le FC Metz achèveront la saison par une 19ème place, synonyme de descente en L2.

 

Une descente… pour mieux rebondir ?

De retour à l’étage inférieur, le souhait formulé par les dirigeants du club était de remonter de plus belle en première division. Alors que l’ailier messin reçoit de part et d’autre des offres de clubs plus huppés lors du mercato estival, toutes sont rejetées par le club lorrain, qui a décidé de miser gros sur Yéni. Forcément, il apporte énormément à l’équipe de par ses qualités de passeur mais aussi de buteur. Un choix qui portera d’ailleurs ses fruits puisque cette saison-là, on assistera à certains des plus beaux buts inscrits par l’attaquant messin. On se remémorera ainsi son coup franc magistral des 25 mètres au Paris FC, son doublé lors de la victoire écrasante à Dijon (victoire 0-4) et de son dernier but face à Tours (victoire 2-1). Grâce à lui, Metz décrochera son billet retour pour l’Elite dans les ultimes journées. Statistiquement parlant, le natif de Croix finira meilleur passeur du championnat avec un total de 11 passes décisives et inscrira 12 buts : sa meilleure saison à l’heure actuelle. Nominé pour le trophée du meilleur joueur de L2, c’est finalement le buteur clermontois Diedhiou qui l’emportera. Mais qu’importe pour Yéni, le sentiment du devoir accompli pouvait subsister.

 

6 août 2016, un passage outre-manche laborieux…

Après avoir connu tous les échelons du football français, Yéni se lance à la conquête de l’Angleterre, où il signe un contrat aux Queens Park Rangers. Malheureusement, rien ne se passera comme prévu : il marque difficilement les esprits de son entraîneur pour lequel ses 4 petites réalisations (une en Cup) sont trop maigres. Au terme d’une première saison décevante, son club finira proche de la relégation et les parcours opérés dans les coupes nationales s’arrêteront assez prématurément. Cette saison 2016/2017 présentera tout de même quelques points positifs pour lui, en témoigne sa première sélection en mars 2017 par le sélectionneur du Congo pour affronter le Kenya. Le 5 juin 2017, il inscrit son premier but avec les Léopards en amical contre le Botswana : une maigre récompense après tant de péripéties. C’est au bout d’un an et demi, rythmé par les échecs et par quelques blessures que l’ancien grenat signe finalement à Guingamp afin de retrouver du temps de jeu et relancer une carrière un brin ralentie. Désormais, l’ancien chouchou du public de St-Symphorien évolue…en L2 avec l’EAG. Disposant de peu de temps de jeu, il est difficile de constater que son statut est celui d’un remplaçant. Pour autant, loin l’idée de ne pas tarir d’éloges celui qui, contre vents et marées, n’a jamais lâché son club dans les moments douloureux d’une descente. Une personnalité du football mosellan qu’il convient de saluer dignement. Encore merci Yéni, pour tout ce que tu as fait.

 

Q.D

P